Céline Roos

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La solitude pour écrire ?

« […] la langue ne me fournit pas à propos l’expression de la vérité. J’abandonne une thèse, faute de mots qui rendissent bien mes raisons. J’ai au fond de mon cœur une chose, et j’en dis une autre. »

Diderot, Salon de 1767

Et il poursuit heureusement dans le même paragraphe :

« Voilà l’avantage de l’homme retiré dans la solitude. Il se parle, il s’interroge, il s’écoute, il s’écoute en silence. Sa sensation secrète se développe peu à peu ; et il trouve les vraies voix qui dessillent les yeux des autres et qui les entraînent. »

Encyclopédie de Diderot et de d’Alembert – Planche : Taille de la plume – Scannée par Lessay –

Diderot énonce le problème de tous ceux qui veulent exprimer leurs sensations et il nous propose une solution ensuite qui comporte la nécessité de la solitude.

Aujourd’hui, beaucoup de ceux qui écrivent sont en constante communication avec le monde par le biais des réseaux numériques. J’en suis. Cette constante interaction me laisse-t-elle le temps de réfléchir, d’écouter en moi-même les mots qui me permettront de poser sur la page mon idée de façon à ce qu’elle résonne avec force ?

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Rêves d’écrivains

Je viens d’aller prendre un café dans une pâtisserie du quartier et j’y ai terminé de lire Rêves de Rêves (1992) d’Antonio Tabucchi, où il imagine vingt rêves de certains de ses écrivains et artistes préférés. François Bon l’avait suggéré comme lecture en préparation à la deuxième proposition de l’ atelier des 4000 mots (indice : allez voir le site du Tiers Livre).

S’il est un écrivain qui a alimenté mes rêves, c’est bien James Joyce. J’avais étudié Dubliners (1914) pendant mes études d’anglais. En français, le titre est devenu Les Gens de Dublin.

Les gens de Dublin (Wikipédia)

Et comme je suis d’un naturel un peu râleur, j’avais interprété une de ces histoires courtes d’une façon bien différente de celle de la plupart des critiques. Cela m’a inspiré la petite parodie que voici :

Le voyage qu’Eveline n’a pas fait

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Souvenirs tenaces

Une mini-nouvelle, aujourd’hui : Souvenirs Tenaces

Il serait en quelque sorte bloqué par ses souvenirs ? La galère et le frisson de l’interdit, celui de la rencontre improbable, des substances illicites, des fantasmes momentanément assouvis, des batailles remportées, de l’indépendance gagnée … bien trop vague de le dire comme cela. Il lui était heureusement resté un petit brin de sociabilité et il avait de temps en temps envoyé des cartes postales ou téléphoné à ceux qu’il aimait.

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Lecture: les « Vies d’Eugène et de Clara » par Pierre Michon

J’ai repris dans ma pile de livres entamés les Vies Minuscules (1984) de Pierre Michon que j’avais délaissé il y a quelques temps.

Vies Minuscules est un récit romancé fait de huit portraits de personnes apparentées ou amies du narrateur dont la vie racontée ressemble un peu à celle de l’auteur. François Bon en dira plus tard dans Exercice de la Littérature (Publie-net : 2008 – mise à jour 2010) : « une seule vie s’écrit, mais s’écrit comme somme de temps disjoints non rassemblés ».

J’écris ces quelques lignes après avoir lu les « Vies d’Eugène et de Clara », le troisième de ces textes.

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Être écrivain public bénévole

Une des facettes de mon activité d’écriture est l’écriture pratique, l’écriture publique. Je veux parler de mon activité d’écrivain public bénévole. Je viens de passer une demi-journée à pratiquer cette activité. Cela se déroule dans une association à but non lucratif qui, d’une part aide des jeunes de milieux défavorisés à voyager et rencontrer d’autres cultures et à s’investir dans leurs projets, et d’autre part aide des personnes de tout âge, de milieu défavorisé toujours, à se réinsérer au niveau de l’emploi, en leur donnant des formations utiles à la recherche d’emploi mais aussi en fournissant un service d’écrivain public.

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Stefan Zweig et les Vivants de la Rue

Cette année une compilation de textes inédits en France de Stefan Zweig a été publiée. Il s’agit de Seuls les Vivants Créent le Monde. Ces textes sont des articles, manifestes et reportages de la période de 1914 à 1918 et ils ont été traduits par David Sanson et compilés par Bertrand Dermoncourt ; ils sont précédés d’une introduction par ce dernier. Je ne les ai pas lus encore, de Stefan Zweig je n’ai lu que quelques excellentes biographies et la Schachnovelle, chère à mon cœur de joueuse d’échecs. C’est le titre de l’ouvrage qui m’a arrêtée, car j’ai pensé à un petit texte que j’ai proposé un jour à une revue mais qui n’avait pas été accepté, sans que j’en sois fortement surprise. Le voici :

Les Vivants de la Rue par Céline Roos

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Rencontres de scénaristes

Hier, j’ai regardé une émission de télévision à propos d’une résidence de scénaristes.

« Dans une maison accueillante du village de Plounéour-Brignogan-Plages, où ils séjournent régulièrement depuis avril, ils répètent, chacun isolé, avant de filmer leur récit. C’est l’exercice délicat du « raconte-moi », qui confronte les auteurs aux villageois, l’une des étapes importantes instaurées par la résidence d’écriture du Goupe Ouest, créée en 2006 par les scénaristes Antoine Le Bos, Marcel Beaulieu et Yann Apperry (également romancier et dramaturge). »

http://www.bande-a-part.fr/cinema/reportage/magazine-cinema-residence-ecriture-du-groupe-ouest-neuf-scenaristes-en-bord-de-mer/

Cette émission m’a fait me rappeler le livre de Gabriel Garcia Marquez sur ses ateliers d’écriture de scénarios : L’Atelier d’Écriture: Comment raconter une histoire (1995 – traduit 2017).

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Le Terrier ou la Construction par Franz Kafka

J’ai débuté ces jours-ci ma lecture de Le Terrier ou la Construction (Der Bau, 1931) de Franz Kafka  dans sa nouvelle traduction (2018) de Laurent Margantin.

Ce récit (nouvelle, novella, conte ? je ne sais pas comment on l’appelle), non terminé, n’a pas été publié du temps du vivant de son auteur. Franz Kafka était déjà très malade lorsqu’il avait commencé sa rédaction.

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Dresser un portrait comique

Je ne voudrais pas tromper mon monde. Ce blog que je commence, ce n’est pas moi qui en suis l’architecte. J’ai écrit les quelques textes qui précèdent, et dit « oui, ceci me plait » ou « je préfèrerais cela », mais la personne qui le construit s’appelle Nicolas. Je dirai son nom en entier si cela ne le dérange pas. Je vais bientôt prendre la main, alors, si certains me lisent, il ne faut pas hésiter à me faire des suggestions !

En attendant, voici quelques notes que j’ai prises il y a quelques temps, en réfléchissant après avoir lu la nouvelle Everything That Rises Must Converge (1965) de Flannery O’Connor dont voici des phrases intéressantes qui lui ont permis de dresser un portrait « grotesque » ou comique :

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Le Personnage à Oublier

Allez, une petite nouvelle de rien du tout, écrite ce mois, pour un défi de nouvelle en moins de 3000 signes !

Le personnage à oublier

Truby l’avait bien dit. Il fallait se débarrasser des personnages qui ne servaient à rien dans l’histoire. Et Martin Bernard en avait marre d’écrire des nouvelles qui faisaient flop. C’était décidé. Il prenait la décision de faire le ménage !

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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