Céline Roos

Lire Écrire Rêver

La préparation de cours d’un professeur de langue étrangère

L’essentiel des tâches d’un enseignant ne se passe pas en présence des élèves. Même s’il y a aussi les réunions pédagogiques, les conseils de classe, les diverses commissions d’orientation, de conseils disciplinaires ou autres, une grande partie de son travail est exécutée par écrit. Ce n’est pas non plus à propos de la partie administrative, ni de la correction de copies, des saisies de notes ou des remarques dans les bulletins que je veux parler.

Je vais m’intéresser à la préparation des cours. Lors de mes dernières années de travail, j’ai enseigné l’anglais en collège, en lycée et en classes de BTS. Bien sûr, les cours diffèrent selon les classes et un cours d’anglais de 6e ne ressemble évidemment pas à un cours de terminale, ni à un cours de BTS. En 2014-2015, j’avais des premières, des terminales, des deuxièmes années de BTS SISR (des informaticiens) et des deuxièmes années de BTS comptables. Je vais noter ce que j’avais fait en terminale, cette année-là et particulièrement le jour du 30 septembre où je montrai aux élèves la vidéo d’un jeune homme d’origine hispanique aux États-Unis qui ne recevait pas d’offres d’entretiens d’embauche lorsqu’il postulait avec son prénom José, mais qui en reçut plusieurs après avoir enlevé le ‘s’ de son prénom, le transformant ainsi en Joe qui sonnait plus américain. Voici la vidéo en question : Qui va décrocher l’emploi ? Joe ou José ?

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Le Chevalier Servant : épisodes deux et trois de la nouvelle

« Tomorrow »

Pour le premier épisode, voir La Divine Marâtre


Exposition « Art et nature au Moyen Âge », Musée national des beaux-arts du Québec (Québec, Canada), 4 octobre 2012 au 6 janvier 2013 (Domaine Public, Wikimedia Commons)

Karl devait bien se l’avouer, en plus de son désir d’incarner les vertus chevaleresques, la procrastination motivait son entrain à aider ceux qui en manifestaient le besoin autour de lui. Chaque fois qu’il avait un travail à préparer, quelqu’un autour de lui avait besoin d’aide et il courait à sa rescousse. Du coup, il remettait au lendemain ses propres obligations. Il ne se trouvait pas paresseux puisque il aimait bien étudier et était assez sérieux dans tout ce qu’il faisait, aussi sérieux, du moins, qu’on peut l’être à son âge. Non, cette tendance révélait probablement un agacement à se voir constamment donner des « consignes ». Des consignes ? Des ordres, oui ! Si on ne s’y pliait pas, la sanction tombait sous forme d’une note passable ou médiocre ou encore d’une petite remarque cinglante ou perfide inscrite dans le bulletin par quelque professeur sadique. « Karl devrait se concentrer et lire plus attentivement les consignes. » Ou encore : « Karl persévère à ne pas faire ce qu’on lui demande. » Et celle-ci l’avait fait cogiter un moment: « dilettantisme de mauvais aloi. » Karl se disait que ces profs devaient être bien désespérés à devoir travailler en permanence avec des gens qu’ils méprisaient ! Parce oui, les élèves sont des personnes aussi !

Karl était assis dans sa chambre regardant avec un certain désespoir la consigne de préparation de son oral d’anglais qui aurait lieu juste après ces petites vacances. Ce n’était pas rien, l’expression orale comptait pour moitié de la note d’oral puisqu’il y avait aussi la compréhension audio mais celle-ci, il ne la craignait pas trop.

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Lorsque une nouvelle de science-fiction se nourrit de science-fiction

Le 3 juin 1954, la douzième Convention Mondiale de science-fiction présidée par Lester Cole et Gary Nelson était organisée à l’hôtel Sir Francis Drake de San Francisco (Californie, USA). L’invité d’honneur était John W. Campbell Jr., l’éditeur du magazine Astounding. La convention était présidée par Lester Cole, scénariste « blacklisté » après 1947 pour avoir refusé de témoigner lors de la chasse aux sorcières communistes devant la Commission des Activités Anti-Américaines de la Chambre des Représentants et par Gary Nelson, cinéaste.

Une du Magazine de science-fiction If de mai 1955. Couverture par Kenneth Fagg intitulée « Technocratie versus Humanités » (Domaine Public) Wikimedia Commons

Une nouvelle de Philip K. Dick: Projet Argyronète (Waterspider)

J’en ai beaucoup plus appris, grâce à la petite nouvelle de Philip K. Dick Waterspider (1963) traduite en français sous le titre Projet Argyronète (1965) par Michel Demuth. J’avoue que je n’ai pas vraiment compris le titre de la nouvelle malgré l’explication qui y est donnée concernant le projet de certains des protagonistes de l’histoire  : « […] Projet du Bureau … appelé Projet Argyronète parce qu’il faut faire un seul et unique grand bond. »

L’argyronète est une espèce d’araignées vivant sous l’eau. Elle tisse une toile de soie fixée à des plantes aquatiques, et cherche à la surface des petites bulles d’air qu’elle bloque sous la toile jusqu’à ce qu’elles forment une grosse bulle dans laquelle elle pourra vivre et se nourrir. Parfois elle remonte à la surface chercher à nouveau des petites bulles d’air pour réapprovisionner la grande poche. Bref, je ne vois pas vraiment le rapport entre cette araignée et le thème de la nouvelle, à moins qu’il ne faille pas croire tout ce que les personnages disent.

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La page aux petits points noirs et une nouvelle

Si je n’ai pas écrit ces derniers jours, c’est que je suis bien occupée et en particulier par l’arrivée de mon nouvel ordinateur sous Linux Mint. Pour ce qui est des bases, je me débrouille, ce n’est pas bien différent de Windows. Mais j’ai quand même beaucoup de choses à apprendre lorsqu’il s’agit de fonctionner plus activement en installant de nouveaux programmes par exemple. Il y a ce qu’ils appellent un Terminal, une plage de texte qui permet de taper des commandes qu’il me faut apprendre, ce que je fais petit à petit.

Là, cela fait quelques heures que je rame sur un problème pratique : faire que mon imprimante s’acquitte de ses tâches diligemment et gracieusement. Elle aime l’art visiblement puisqu’elle imprime les images sans problème, mais elle semble en désaccord avec les textes et se permet de placer des points noirs sous toutes les lettres à jambages inférieurs (tels les g ou les p).

Pour résoudre ce problème, j’ai fait plusieurs tentatives: trouver le bon pilote, dézipper les paquets proposés par le site du fabriquant de l’imprimante, installer le fichier obtenu, etc. J’ai donc dû apprendre à utiliser un peu le Terminal. Pour l’instant, je suis en échec: l’opération échoue sur un point que je n’ai pas résolu. L’informaticien qui m’a montré le b.a. ba de mon ordinateur vient de m’envoyer un message contenant des instructions que je tenterai de suivre demain pour ré-essayer d’inculquer une certaine discipline à mon imprimante.

Alors, un peu de fiction pour changer de sujet? Je vais ajouter un petit texte qui est une réponse à un défi lancé sur Atramenta. Le texte qui suit est supposé être le début d’une nouvelle, puisque le défi en question se déroule en cinq semaines avec des consignes différentes chaque semaine. Voici donc ma participation de la première semaine.

Le Chevalier Servant. Premier épisode: La Divine Marâtre

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Jouer son écriture

Les petites manies de celle qui écrit

Peut-être comme beaucoup de ceux qui lisent cette page, j’écris de façon sérielle. J’écris constamment dans des cahiers dont j’extrais parfois un passage que je rallonge et recompose pour en faire une nouvelle ou un article pour ce blog. Mes cahiers ou journaux ont leurs noms : c’est plus sympa et plus pratique pour y retrouver quelque chose. Cela fait environ trois ans que je me suis mise à écrire tous les jours d’abord dans Une Histoire Par Jour, puis dans Des Histoires de Femme Libre, ensuite dans Tente Histoire, et dans Tsarine Histoires et le dernier a ce drôle de nom dû à une faute de frappe : Hoistoires pour Lire. Donnez-vous aussi des noms amusants à vos journaux ou cahiers d’écriture ?


Vannerie pour l’ikebana Oeuvre de TANABE Chikuunsai.
Photo de Jean-Pierre Dalbéra (Wikimedia Commons)

La légitimation de l’écriture

Pour l’instant, il n’y a rien de bien étonnant. Mais qu’en est-il de l’inspiration ? Je me souviens qu’il y a quelques temps, peut-être justement dans cette première année où je commençais à écrire de façon compulsive, une amie m’avait dit qu’à son avis il était essentiel que la personne qui écrive ait quelque chose à dire. Certes, mais je ne connais personne qui n’ait rien à dire, à condition qu’on l’écoute et parfois qu’on l’aide à formuler au besoin. De toutes les façons, je me suis alors sentie adoubée : comme tout le monde j’ai sûrement quelque chose à dire, mon défi étant de trouver ma musique de la langue. D’ailleurs, parfois c’est la musique qui reste. Il me faut retrouver ma voix et mon oreille musicale.

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Une nouvelle : Sam en retrait

La mini-nouvelle que j’ai écrite aujourd’hui est de type littérature de jeunesse. Elle m’a été en partie inspirée par la suggestion d’écriture « derrière la porte » donnée dans le forum Zodiac Writing Challenge dédié aux nouvelles très courtes et en partie par un souvenir de jeunesse que j’ai un peu fictionnalisé ici. Je rends ici hommage à un chien aimé disparu , à une famille imprégnée de l’importance de leurs liens avec leurs frères animaux et à une voix qui regrettait que l’on ne consigne pas suffisamment l’histoire de ces amis non humains qui vivent avec nous et ont tant d’influence sur nos vies.

chien berger de couleur claire assis dans un appartement familial
Sam

Sam en retrait

Sam était accroupi, la tête posée sur ses deux pattes avant, à demi-caché derrière le battant de la porte qui donnait sur le couloir. Il n’était pas vraiment caché, son grand corps n’aurait pas pu disparaître derrière la porte, mais il était discret. Il sentait que ce n’était pas le moment de les embêter et il voulait savoir ce qu’ils allaient décider. Étaient présents Papa, Maman, et les quatre jeunes dont il ne se rappelait pas encore les noms. Le moment était grave.

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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