Céline Roos

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Une mini-nouvelle : la rébellion du petit carnet

Une proposition d’écriture de Régine Detambel s’intitule « les usages du carnet ». Elle m’a inspiré le petit conte loufoque, légèrement dystopique mais un peu innocent qui suit.

Copie d’une des dernières pages d’un des carnets préparatoires de Sur la route par Jack Kerouac, intitulé « Notes nocturnes et diagrammes pour Sur la route » (novembre 1949). Exposition « Sur la route de Jack Kerouac : L’épopée, de l’écrit à l’écran » (16 mai – 19 août 2012) au Musée des lettres et manuscrits de Paris. Déposé par Prosopee (Wikimedia Commons)

La Rébellion du Petit Carnet

Le petit carnet recevait ses pensées fugaces et lui donnait le temps, pendant qu’elle les notait, de réfléchir à leurs causes et leurs implications. Parfois, il lui offrait une illumination, un élément de réponse à un mystère qui se cachait quelque part dans sa mémoire. Ce carnet représentait un certain confort : elle y écrivait lorsqu’elle n’avait pas envie d’être assise en face d’un ordinateur, mais plutôt dans un coin de son sofa ou à une table d’un salon de thé. Immanquablement pourtant, elle recopiait plus tard ces notes dans un document sur son ordinateur.

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Une mini-nouvelle : somnolence dissociative

Une triple inspiration m’a permis d’écrire la nouvelle qui suit, aujourd’hui. D’abord, très modestement, je me suis laissée influencer par l’esprit des nouvelles de Jorge Luis Borges, sans tenter de pasticher sa propension aux références littéraires. Ensuite, j’ai regardé la dernière vidéo « Imaginer c’est voler » de l’atelier de François Bon où il propose de parler de personnes observées et d’en profiter pour faire un retour sur soi-même. Enfin, je fouille aussi parfois le blog de Régine Detambel, et j’ai lu sa proposition d’écriture intitulée « puissance poétique du sommeil ».

Voici donc ma nouvelle :

Somnolence dissociative

Il me faut raconter ce soir cette journée assez particulière d’autant plus que je viens de lire la nouvelle « Guayaquil » de Jorge Luis Borges où il rappelle combien la mémoire d’événements peut rapidement s’altérer. Son récit reflète, de plus, dans une de ses facettes baroques, une impression étrange qui m’est apparu aujourd’hui. Et j’ajouterai ainsi à mon palmarès personnel une deuxième raison d’être fière de moi tandis que le sommeil veut m’envahir, et que je résiste vaillamment résolue à composer la relation de ma rencontre.

Ruprechtsauerallee = Allée de la Robertsau. 1903.
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
Gallica, photographe : Jul Manias

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Petite astuce pour contrer le syndrome de la page blanche

Voici une petite astuce qui m’aide à combattre la déprime qui s’installe lorsque je me sens atteinte du syndrome de la page blanche.

Je l’ai trouvée sur le site Language is a Virus en anglais qui se présente avec l’idée de guérir le blocage de l’écrivain grâce à des suggestions d’écriture dont certaines sont réellement positives. Ainsi, hier, je suis tombée sur la suggestion « Make a list of everything that makes you feel motivated right now. » Je l’ai traduite pour moi-même par la question suivante :

Qu’est-ce qui me donne le sentiment d’avoir de la motivation, maintenant ?

Image par Pexels de Pixabay

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Une mini-nouvelle : Quel lendemain ?

Je suis toujours un peu handicapée du point de vue fictionnel, mais aujourd’hui, j’ai réussi à écrire un texte qui n’est pas lié à la réalité. J’ai suivi une suggestion intitulée « demain sera toujours demain », que je ne trouve pas très heureuse dans sa formulation, mais elle existe. J’y vais donc et voici ma nouvelle.

Quel lendemain ?

Sommes-nous vraiment le lendemain du jour précédent ? Ou bien l’un des divers lendemains possibles ? Si je tentais d’imaginer les autres possibilités ? Pour ceci, il faudrait déjà que je me souvienne de certains éléments de ma vie de la journée précédente. Choisissons-en un au hasard.


Image par Pete Linforth de Pixabay

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Citations de compensation

Quelques soucis de santé plus (mon chat) ou moins (moi) importants m’ont envahi l’esprit cette semaine. N’étant pas capable d’écrire, je vais utiliser des extraits d’autres auteurs pour créer cet article.

La langue crée le personnage

19/11/2019. Je feuillette Reading Shakespeare’s Dramatic Language ; A Guide de la série Arden Shakespeare (2001) et particulièrement l’article « Style, rhetoric and decorum » par Lynne Magnusson.

p. 28, à propos de Shylock :

« […] the cautious sizing up of a man’s words and assets suggested by Shylock’s repeating of what Bassanio says – the langage ‘fits’ or, indeed, creates the speaker. »

+

« […] Here, without questions, schemes of repetition are not primarly ornemental but have a clear dramatic function in bringing out the plurality of the play’s voices. »

Ma traduction :

« […] lorsque Shylock répète ce que dit Bassanio, il semble évaluer les mots de l’homme et ses atouts : la langue convient au locuteur ou, en fait, le crée. »

+

« […] Sans conteste, ici, les schémas de répétition ne sont pas avant tout ornementaux mais ont clairement la fonction dramatique de faire ressortir la pluralité des voix de la pièce. »

Magnusson fait remarquer l’opposition entre les paroles typiques d’un noble de Bassanio et celles plus prosaïques, prudentes et calculatrices de Shylock. Quant aux répétitions de segments de phrases de l’un à l’autre personnage, elles permettent encore une fois de poser le personnage de Shylock. Le style, la couleur de ses phrases et mots ne font pas qu’aller au personnage. Elles le créent aussi, elles le construisent.

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Une nouvelle: Au symposium, Professeur Lumière, IA

Malgré ce titre un peu trompeur, le Professeur Lumière, que nous commençons à bien connaître, cette intelligence artificielle désireuse de se former pour devenir enseignant, n’était pas présent au symposium. Mais il a été question d’elle (ou de lui, mais les genres le concernent peu). Voici donc la suite de cette aventure, mais il est possible de relire les épisodes précédents ici:

Son expérience de stagiaire a été difficile, voir la nouvelle : Professeur Lumière, IA.

Professeur Lumière, IA est pourtant déterminé. Voir la nouvelle : Professeur Lumière, IA invaincu

Le temps de la réflexion : Professeur Lumière, IA vers Cybintel

Comment pense-t-il donc ? Où l’on accède à des bribes authentiques de la « pensée » du Professeur Lumière, IA

Au symposium, Professeur Lumière, IA

Évolution par Gerd Altmann de Pixabay

Hermione et Sarah s’étaient rapidement repérées l’une l’autre à leur arrivée au symposium. Elles se connaissaient depuis leurs débuts de stagiaires, avant leurs titularisations respectives. Puis Sarah avait obtenu un poste dans une autre région, mais elles étaient restées en contact et avaient décidé de s’inscrire ensemble à cette rencontre internationale. Pour l’instant, elles n’avaient pas pu bavarder, la première conférence ayant commencé à huit heures.

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Une mini-nouvelle: La case « échecs »

De façon un peu surprenante pour moi, mon premier article de l’année sera une nouvelle sur le thème du monde des échecs. J’ai quitté ce milieu depuis une quinzaine d’années, mais il alimente visiblement encore mon imagination.

La case « échecs »

Claire avait soudain apparu, cette après-midi-là, dans la salle de tournoi où je venais juste de terminer ma partie de deuxième ronde qui s’était déroulée de façon satisfaisante sinon glorieuse. Mon adversaire avait mal joué et avait dû abandonner assez rapidement. Mon tournoi se déroulait normalement : ce n’était pas dans les premières rondes que je rencontrerais les plus forts joueurs.

Claire observait la partie qui était jouée au deuxième échiquier. Personne, pas un joueur d’échecs ne l’avait rencontrée depuis près de deux ans. On disait qu’elle était devenue vendeuse et voyageait beaucoup. Je m’approchai d’elle et attendis qu’elle remarque ma présence. Quand ce fut le cas, je fus ravi de sa réaction spontanée de plaisir. Deux bises sur les joues, quelques mots à voix basses sans conséquence, et d’un commun accord, nous marchâmes tranquillement le long de l’allée centrale pour sortir et bavarder dans le jardin.

Céline Roos Tournoi de Capelle (1991)

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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