Céline Roos

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Aller-retours temporels

Nous serons bientôt en 2020. Lorsque j’étais enfant, j’avais calculé l’âge que j’aurais en 2000 : quarante-six ans. Je me demande si j’avais une idée de ce que j’allais devenir plus tard et de ce que je suis aujourd’hui. J’avais une idée assez nette de ce que je ne voulais pas devenir : je ne voulais pas me compromettre, être corrompue, vivre pour l’argent. Je voulais vivre selon mes valeurs de l’époque (quelque chose de l’ordre du chevaleresque). Ont-elles beaucoup changé ? Je ne crois pas mais je me suis calmée, suis (un peu) plus sage, plus prudente. Je voulais que ma vie soit une aventure. J’ai été servie. J’espère que ce n’est pas fini.

Ashes to Ashes – image Amazon

Je ne sais pas si cette question vient à l’esprit de nombreuses personnes ou si elle ne révèle que mon immaturité : ton moi adolescent aurait-il honte de ce que tu es devenue ? Faut-il se fier à la réponse que l’on se fait ? Est-on entièrement honnête ? Si l’on a été corrompu, on ne le sait pas vraiment.

En pleine nuit, je me suis levée, la tête pleine du rêve que je venais de faire, me demandant si ce que j’y relatais était quelque chose que j’avais vraiment vécu, sortait d’un film ou d’une série ou bien si je l’avais entièrement inventé. Je m’explique parce que cela doit être confus. Dans mon rêve, je parcourais divers endroits de la ville, des rues, des bars, des endroits clos et je tentais d’avertir les personnes que je rencontrais qu’ils allaient bientôt être victimes d’une terrible épidémie. Je savais que cela allait se produire puisque cela s’était déjà réalisé l’année précédente. Je retournais en fait dans le passé car, dans mon passé, la population avait été réduite de moitié après cette maladie qui avait fait que les gens étaient tombés comme des mouches. Un an plus tard, l’épidémie avait été en partie arrêtée, on avait trouvé des moyens pour en atténuer les effets. Je tentais donc de prévenir les gens de ce qui allait arriver pour qu’ils prennent des mesures. J’ai parlé à des personnes dans la rue, je me suis aussi adressé à un serveur derrière un bar, en lui disant que j’étais parente de … Je ne connaissais cet endroit que de nom, je crois que c’était un bar gay. Je leur disais qu’ils devaient aller dans les pharmacies pour acheter du coton ouaté, de l’alcool, des antiseptiques, tout ce qu’il fallait pour désinfecter. Je savais que ma propre famille pouvait être touchée mais ils n’étaient pas proches alors que ceux que je rencontrais l’étaient, je devais donc tenter de les alerter. Réveillée, pas entièrement probablement, je n’étais pas sûre de ne pas avoir vécu ce que je racontais dans mon rêve. Mes souvenirs d’épisodes de cette épidémie, des personnes qui semblaient tomber en poussière, dans la rue, semblaient réels. Mon personnage ressemblait un peu, dans ses tentatives, à un mélange de Sarah Connor et de Terminator, mais je ne commettais aucun acte violent. Je me suis demandé si j’allais reprendre mon rêve en me recouchant et je ne sais pas si cela s’est produit.

Si j’avais le pouvoir ou le devoir de revenir un an en arrière, à la fin de l’année 2018, le ferais-je ? Quelle mise en garde exprimerais-je ? À qui ?

Une des pistes expliquant l’apparition de ce rêve pourrait être ce concours organisé à l’occasion de la biennale BienVenus sur Mars, dont le thème est : ¿ Réversible/Irréversible ?

Un concours où il faut envoyer les nouvelles de dix mille mots avant mars et ne jamais les avoir publiées avant. Je ne comprends pas cette consigne. Je préfère publier mes nouvelles.

Réversible, irréversible, idée du point de non-retour. Cela rappelle mon Désuniformeur.

Idée du temps. Quoique l’on fasse, on ne peut pas vraiment connaître le futur et tant mieux, sûrement. Quelqu’un qui connaîtrait le futur n’aurait plus besoin de vivre.

Ce pourrait encore être mon thème de l’intelligence artificielle dans mon Professeur Lumière, IA. Les derniers articles semblent dirent que l’on piétine mais je pense que maintenant qu’on a commencé, il sera difficile de revenir en arrière. L’idée est sortie. Des gens travaillent là-dessus, partout, sur tous les points de détail. Dans quelle mesure la progression de la science et de la technologie implique-t-elle un réel progrès pour la vie biologique ? Souvenirs de mes séquences de travail avec mes élèves de lycée.

Finalement, ce questionnement au sujet de la réversibilité est bien humain puisque nous vieillissons tous et regrettons certains avantages de la jeunesse personnelle et sociétale.

Autre association d’idées : la géniale série britannique Life on Mars, dont le personnage principal, accidenté, se réveille en 1973. Le titre de la série vient de la chanson éponyme de David Bowie.

Sa suite, toute aussi géniale : Ashes to Ashes (cette fois-ci un retour en 1981 d’une autre personnage)

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  1. Godard-Livet

    On ne change pas tellement en définitive !

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