Voici quelques propos décousus du mois de novembre. Le thème du jeu réapparaît à l’occasion (ne manquez pas d’aller visiter le site pédagogique de la BNF concernant la période persane du jeu d’échecs en cliquant sur le deuxième lien sous l’image).

1er novembre : Écriture sans réfléchir à partir de « un fantôme ».

Dans le passé, il m’est arrivé de voir en plein jour une personne qui était morte quelques jours auparavant. Bien sûr, ce ne pouvait-être elle, mais mon esprit était certainement hanté. Il y a des fantômes de pédalage de chat, de sensations passées, des airs ténébreux, des allures fantomatiques d’une personne malade. Il y a le fantôme de mon esprit lorsqu’il fonctionnait encore bien.

Présentation au roi sassanide Chosroès du jeu d’échec
importé récemment d’Inde
Shâh-nâma, Le Livre des rois.
Epopée contant l’histoire de l’Iran des origines à l’Islam,
par Abû al-Qâsim Firdawsî de Tûs (mort vers 1020).
Paris, BNF, Manuscrits (suppl. persan 490 f° 378 v°)
http://classes.bnf.fr/echecs/images/3/2_01.jpg
http://classes.bnf.fr/echecs/histoire/ind_nais.htm

Écriture sans réfléchir à partir de Jeu.

La vie est-elle un jeu ? Cela se saurait. Peut-être pour d’autres. J’ai joué à bien des jeux : le jeu d’échecs, Civilisation, la marelle, le chat perché, au monopoly, au go, bien peu à me déguiser, au rami, aux dames, au Mensch ärgert-dich nicht, au jeu de l’oie, aux jeux de cartes sur ordi ou en ligne, au mahjong, au baggamon, aux mots croisés, au sudoku, à des variantes du jeu d’échecs. J’ai oublié les règles d’un certain nombre d’entre eux.

5 novembre : Les résultats des élections présidentielles aux USA ne sont pas encore connus. Cela promet d’être long. Un grand suspense. Cela a été un de mes alibis pour ne pas écrire hier.

6 novembre : Feuilletant Strasbourg Magazine de ce mois, j’ai relevé le groupe nominal complexe « l’esprit espiègle du dessinateur alsacien ». Son nom, Tomi Ungerer, avait été mentionné auparavant et justifiait l’usage de la préposition complexe du= de le. Mais il ne s’agit que d’une digression révélatrice de la procrastination de l’auteure de la nouvelle non terminée. La question pertinente est : pourquoi la formule ne pourrait-elle donc émaner de la pensée de notre jeune joueur Arturo, son personnage principal ? J’entends bien les protestations de jeunes lecteurs éventuels : mais quelle arrogance de la part de cette vieille écrivaillonne ! S’imagine-t-elle que les jeunes ne connaissent pas le lot « espiègle » ? Non, mais il y a une différence entre comprendre le mot en le lisant ou en l’entendant et le formuler à l’oral, à l’écrit ou en pensée. C’est, du moins, mon intuition car, à dire vrai, je ne connais pas encore bien mon personnage, dont même l’âge reste indéterminé et peut-être pour toujours… Le mieux serait peut-être de revenir à Arturo, qui, d’ailleurs, commençait à s’impatienter.

Cela faisait à présent vingt bonnes minutes qu’il attendait son adversaire. Même absent, le bougre (ah, encore un mot auquel Arturo, ne penserait pas!) Même absent, cet idiot réussissait à le déconcentrer. Arturo avait le loisir d’observer les parties d’échecs jouées à sa gauche et à sa droite. Rien de passionnant, des ouvertures classiques. Il commençait à s’ennuyer…

11 novembre : Le ciel est blanc, le ciel bien couvert et lorsque j’étais dehors, j’ai senti quelques gouttes tomber sur ma tête. Rue Goethe, j’ai vu peu de monde : un homme dans la cinquantaine, je suppose, qui promenait son chien noir, plus gros que Chip. Mais il y avait un concert de corbeaux ou corneilles qui avaient l’air de s’amuser. Ils étaient parfois perchés sur le toit plat d’une maison, puis ils s’élançaient à tour de rôle pour faire un tour avant de revenir sur le toit. Quelques passereaux aussi, mais pas de concert de leur part comme l’autre jour. Au retour, sur l’avenue de la Forêt-Noire, j’ai rencontré un peu plus de monde, pas tant que ça quand même. La plupart portaient un masque, mais quelques récalcitrants passaient discrètement.

14 novembre : Cure writers’ block : Writing Prompt 

« Describe a time you hurt unintentionally someone. »

Le problème est que je ne sais pas toujours lorsque mes propos blessent. On m’a souvent accusée de parler avec des sous-entendus. C’est alors mon inconscient qui est coupable. Ou alors, les gens sont trop susceptibles ou trop tournés vers eux-mêmes.

17 novembre : Une phrase entendue : « Si on allait se divertir un peu ? »

Il a énoncé cette phrase sur le ton d’une question, mais il s’agissait plutôt d’une invitation, presque une commande, plutôt malicieuse. Quand il disait « nous divertir », prévoyait-il que nous nous divertissions tous les deux ? Ou bien s’agissait-il d’un « nous de majesté » et avait-il décidé de se divertir à mes dépens ? D’autant plus qu’en le disant ; il avait brandi ce qui me semblait bien être une grande seringue, d’une autre époque, moyenâgeuse. En y repensant, lui-même était vêtu d’un costume qui me rappelait les effigies du roi Henri IV, c’est-à-dire du début du XVIIe siècle. Donc, de la Renaissance plutôt.

21 novembre : Regardant les nouvelles, je m’étonne de voir sept patients de la Covid, en réanimation, installés l’un à côté de l’autre. Ne risquent-ils pas de se re-contaminer l’un l’autre ?

L’enfant a découvert l’amusement. Pas celui provoqué par d’autres qui lui font des chatouilles ou des surprises. Non, celui qu’elle crée elle-même. Quelque chose qui la fait se sentir vivante et puissante. Elle détient un pouvoir sur son monde. Elle apprend à jouer. Parfois, ce n’est pas drôle, il lui arrive de perdre son pari. Plus grande, son imagination nourrie par ses lectures lui offrit un nouveau jeu, celui de créer un cadre romantique qui embellissait ses activités les plus ordinaires. Faisait-elle tourner en bourrique son prof d’histoire-géo qui leur racontait sans cesse ses anecdotes d’Indochine, elle s’imaginait, le visage espiègle, vêtue de la cape de Fantômette.

Où est partie mon inspiration ? C’est une question intéressante, si je prends en compte, le jugement un peu méprisant que j’avais parfois à propos de mes talents de joueuse d’échecs. Je disais que j’étais une bête de tournoi, et ce n’était pas dans un registre laudatif. Ma passion pour les échecs n’était pas pure, car je cherchais la reconnaissance de mes pairs, du monde. Je jouais mieux lorsque je me sentais observée, lorsqu’on regardait mes parties d’échecs.

Il est donc possible, que présumant du fait que je n’ai pas assez de temps devant moi pour devenir une écrivaine accomplie, j’ai perdu la foi et que mon inspiration soit bridée par moi-même, par un certain découragement.

J’ai déjà lu, et, il n’y a pas si longtemps, dans le roman de James Jones, que les écrivains cherchent à se faire aimer. Je ne suis pas si sûre que ce soit le fait de tous. Certes, ils ont besoin d’être rétribués, et pour cela, il faut bien qu’on aime ce qu’ils écrivent. Mais Villon voulait-il vraiment être aimé ? Et Bukowski ? Peut-être, avec leurs défauts.

Et alors, mon inspiration ? Peut-être se trouve-t-elle, contrairement à ce que je croyais de mes inclinations, finalement sur la forme. Je sais bien qu’un blog n’est plus considéré, aujourd’hui, que ringard. Pourtant, pour une personne ayant peu de moyens (réseau social limité, finances aussi), un blog est un outil très pratique pour écrire et avoir quelques lecteurs. Car, oui, j’écris pour me faire lire. Une notion que j’avais du mal à accepter à l’époque où j’étudiais la littérature. Il a fallu que je commence à écrire pour la reconnaître comme vraie.