Voici quelques bribes du mois qui n’est pas encore passé puisque les textes plus longs ne sont pas à ma portée.

chez Actes Sud (2011)
traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle

une erreur

Une erreur de casting ? C’est une erreur : au téléphone. Errer, l’errance des fous, de ceux qui sont perdus, qui avancent sans but ni direction.

Les erreurs permettent d’avancer aussi à condition d’être alerte et prêt à attraper au vol les idées qu’elles génèrent.

Ces derniers jours, j’ai regardé quelques matchs de football et j’ai remarqué que les commentateurs utilisaient souvent le mot « déchet » au pluriel pour mentionner les erreurs que faisaient certains joueurs. Bon, ils ne sont pas entraîneurs. Dans le monde de l’éducation, associer erreur et déchet ne serait pas très productif.

ma page blanche

Ma page blanche ne l’est pas tant que çà puisqu’elle a de jolis petits carreaux discrets imprimés dans un gris un peu délavé. Ils mesurent environ 0,5 cm de côté. Le genre de carreaux que l’on trouve dans les cahiers que les élèves utilisent pour leurs cours de science car ils sont plus pratiques pour poser des opérations et des équations ou encore pour jeter rapidement un petit schéma ou un diagramme à la main.

À vrai dire, aujourd’hui, ma page n’est pas si blanche que ça mais la fiction me fuit toujours. Je ne fais pas assez d’effort pour inventer.

mains caressantes

Je pensais tout à l’heure à mes mains prodigueuses de caresses alors que je tapotais, confortais Chip à son lever après avoir fait de même pour Mystère quelques minutes plus tôt. Lorsqu’ils ne seront plus là, s’ils partent avant moi, cette fonction de mes mains me manquera-t-elle ?

Plus tard, j’ai réussi à donner son médicament à Mystère avec une ruse de Sioux. C’est qu’il n’était pas sur le lit. J’ai donc préparé la pipette, me suis installée sur le lit avec mon livre et ai attendu qu’il vienne. Séance de caresses de cinq minutes puis pipette. Maintenant, il est reparti : il doit être fâché avec moi.

Valley of Love

Vu sur Arte un film avec Depardieu et Isabelle Huppert : Valley of Love de Guillaume Nicloux (2015). Je suis restée car leur couple d’acteurs était envoûtant et le film aussi, mais j’ai trouvé le thème un peu trop morbide et quelque peu stupide. L’endroit où se situait l’action était magnifique aussi et chargé de symbolisme. Mais ils ont complètement occulté la culture amérindienne dans cette histoire.

Manuscrit zéro

Je lis Manuscrit zéro de Yôko Ogawa (2011). Impressionnant ! Je suis fascinée par cette écriture et cette vision du monde.

La personne chargée de rédiger de grandes lignes plonge ses pieds dans le courant, s’accroupit doucement, ramasse les petits cailloux et les glisse dans sa poche. Grâce à quoi les grandes lignes sont pratiquement terminées. Dés lors que les petits cailloux ont été déposés parmi les deux cents caractères, le vague brouillard qui recouvrait l’endroit se lève d’un coup.

Manuscrit zéro de Yôko Ogawa (2011)

quarantenaire, soixantenaire ? 

Ces derniers temps, j’ai remarqué à plusieurs reprises que les journaux n’écrivent plus quadragénaire, quinquagénaire ni sexagénaire mais quarantenaire, cinquantenaire, soixantenaire. Depuis quand ? Ces mots sont-ils vraiment entrés dans le dictionnaire ?

Après vérification – mais il est vrai que les dictionnaires français que j’ai chez moi ont plus de trente ans – quarantenaire existe mais a un sens différent de quadragénaire. Je soupçonne quand même les rédacteurs de journaux de craindre d’utiliser le mot sexagénaire à cause de sa première syllabe.