Céline Roos

Lire Écrire Rêver

Où va-t-on chercher l’inspiration ?

Certains diront que pour écrire, il faut déjà avoir quelque chose à dire. Cela n’est pas si simple selon moi. La difficulté est aussi de décider ce qu’on accepte de publier. En cherchant l’inspiration de façon un peu aléatoire, je peux au moins éviter de me focaliser sur moi-même, ma famille ou mon passé. Voici donc quelques pistes que j’ai explorées pour alimenter mon imagination. Parfois, elles m’ont effectivement permis d’écrire un texte, mais d’autres fois, je les ai seulement gardées pour leur originalité.

Manuscrit de Kubla Khan par Samuel Taylor Coleridge (1772–1834)

Inspiration zapping chaînes de télévision: « c’est ce que dit… »

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Autour de quelques premiers octobre

Par curiosité, je suis allée chercher dans de vieux carnets ce à quoi je pensais autour de cette date du 1er octobre. En voici un petit relevé.

Memorandum début octobre 1988

1) Plus d’argent jusqu’au 13 octobre. Emprunter.
2) Ne pas oublier inscription université. Faut argent.
3) Annulé – Études parallèles
4) Commencé yoga et nourriture convenable
5) Travail. Tenter travail élections. Améliorer salaire.
6) Quand possible : coiffeur, dentiste
7) rappeler CLSC. Résultats test négatif.
8) Écrit L., J.-L., N.
9) Travail sur Jeu d’Échecs par Michel Roos.
10) Arrêter de fumer
11) Un spectacle
12) Achat bottes, manteau au nettoyeur
13) enveloppes avion
14) Contrecarrer et accepter la superstition. Savoir rire de soi.
Place Kléber à Strasbourg
par SofieLayla Thal de Pixabay

2004

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Bribes de septembre 2020

Voici quelques bribes du mois qui n’est pas encore passé puisque les textes plus longs ne sont pas à ma portée.

chez Actes Sud (2011)
traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle

une erreur

Une erreur de casting ? C’est une erreur : au téléphone. Errer, l’errance des fous, de ceux qui sont perdus, qui avancent sans but ni direction.

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Intermédiaires dans la vie et dans la fiction

Certains jours, je pars d’un mot et ne peux écrire autre chose avant d’avoir exploré tout ce que ce mot m’inspire. Il faudra donc que je publie ce texte à propos d’intermédiaires si je veux pouvoir passer à autre chose. J’ai pensé aux intermédiaires en tant qu’étapes dans un processus en évolution, en tant que fonctions occupées par des humains et en tant qu’en outils narratifs.

Les états intermédiaires, les étapes au cours d’une mue.

Image par rottonara de Pixabay

Dans un sens, je vis de façon récurrente des états intermédiaires entre mes diverses cures de chimiothérapie : il y a d’abord les trois jours de la chimio, où je suis assez zombie. Ces jours-là, je ne suis à peu près capable que de me laver, m’habiller au réveil, donner à manger aux animaux, faire des siestes, regarder très vaguement des extraits d’émissions, lire, très peu.

Puis suivent trois ou quatre jours où j’ai plus de forces qui me permettent d’aller marcher environ mille à mille cinq cents mètres le matin, à l’extérieur. Ces jours-là, je lis beaucoup, j’essaye d’écrire, mais ne réussis à noter en général que la fréquence de mes prises d’antalgiques et la relation de mes contacts téléphoniques avec la famille et les amis. Étrangement, j’arrive à jouer aux échecs en ligne (selon un ami joueur d’échecs, la raison en est que j’ai appris le jeu d’échecs lorsque j’étais une jeune enfant et que ce jeu constitue pour moi une langue maternelle que je ne peux pas vraiment perdre).

Je suis aujourd’hui dans cette phase ou plus précisément dans la phase de transition entre celle-ci et la suivante, les quelques jours avant la prochaine cure de chimio (elles ont lieu tous les quinze jours). Ces jours avant la prochaine chimio, je me sens valide. Ils sont entachés par les rencontres avec infirmières et oncologue. Mais si j’oublie ces petits désagréments, ce sont des jours plutôt agréables durant lesquels je peux mieux écrire et vaquer à mes occupations administratives.

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Nième excuse de procrastinatrice, lectures et série

J’ai encore une fois délaissé mon blog pendant quelques semaines. Les périodes post-opératoires sont toujours plus longues que ce à quoi l’on s’attendait. Il m’était difficile de rester assise à l’ordinateur et je n’ai vraiment pas été productive en termes de fiction. Par contre, j’ai été une avide réceptrice de fiction.

https://www.babelio.com/livres/Padura-Heretiques/621833/extraits

J’ai dévoré quelques livres de Léonardo Padura.

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Souvenirs de fac

Un jour, je me suis inscrite à la fac d’anglais.

Image par Andrew Tan de Pixabay

À l’époque, je n’avais aucune idée que cela m’amènerait à devenir professeur d’anglais. J’étais surtout attirée par la littérature et j’avais une envie d’étudier à un niveau plus poussé. Depuis des années, j’essayais de rester éveillée d’un point de vue intellectuel et je lisais beaucoup, de façon hétéroclite, anarchique mais je me rendais compte qu’il me manquait un certain nombre d’outils pour m’aider à penser. Mais aussi, je savais qu’il me fallait changer d’orientation professionnelle car je ne pouvais plus concilier ma vie de joueuse d’échecs professionnelle avec ma vie de mère. Je voulais donc aussi faire des études pour obtenir des diplômes qui me permettraient de retrouver du travail. Je n’avais que le bac dans ces années et mon niveau et mes titres aux échecs ne m’assureraient plus, à l’âge de quarante-cinq ans, un travail intéressant.

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Souvenir: le 1er mai de l’année avant le coronavirus

Une participante active du forum Atramenta a posé la question suivante: « Avez-vous un souvenir de 1er mai? »

Image par ARLOUK de Pixabay

Voici mes notes prises dans un café, le matin du 1er mai 2019

J’avais oublié hier qu’aujourd’hui serait férié. Il est un peu plus de huit heures et en sortant le chien tout à l’heure j’ai aperçu de loin les lumières du Café Brandt où je suis à présent assise.

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Une mini-nouvelle: L’hypocondriaque mégalo

Foin de la paresse! Ou de toutes les excuses qui m’empêchent de publier. Aujourd’hui, je me suis décidée à écrire un petit texte inspiré par un des thèmes du forum Zodiac Stories du mois d’avril: « Hypocondriaque ».

L’hypocondriaque mégalo


Image de couverture : Molière (1622-1673). Le Malade imaginaire.
Bibliothèque Nationale de France

« He is under the influence » se disait à une certaine époque, au Royaume-Uni, d’une personne ivre. Nous sommes tous influencés à divers moments par le vent qui souffle trop fort, une remarque négative, des intestins douloureux, un regard brillant rencontré dans la rue, une invitation à la paresse, des rires d’enfants. Un évènement aléatoire nous aura envoyé un très discret message dont nous n’aurons pas été conscients.

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Le téléphone au temps du Covid

En ce présent intense, le téléphone a regagné en vitalité. Grâce à la crise actuelle, lorsque le téléphone sonne, vous savez que ce ne sera pas un vendeur. Je ne pouvais leur reprocher de faire leur travail mais ils étaient vraiment intrusifs et je ne les laissais pas me parler.

Pourtant, je dois m’avouer que je ne suis pas tout à fait claire en la matière puisque j’ai aussi été vendeuse dans ma jeunesse : d’annonces dans un journal et de divers autres produits par téléphone.

Souvenirs d’avant le Covid-19

Image téléphone par
Gerhard Gellinger sur Pixabay

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Pendant l’éclipse, lectures div/gestives

Je redécouvre ma bibliothèque en ce moment alors que de petits soucis de santé m’éloignent de mon ordinateur. Mes parutions d’articles sur mon blog se raréfient donc mais j’espère que je pourrais bientôt être plus active. En attendant, voici une petite liste de livres qui pourrait vous intéresser. Parfois, avec quelques petites citations.

Kurt Vonnegut

Pris dans Nuit Noire ou Nuit Mère de Kurt Vonnegut (1976) traduit par Michel Pétris de Mother Night (1961) :
« Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de cet échec. »
P. 57 :
« – Dès le début de la guerre, vous ferez le choix d’être un homme mort. Et même si vous ne vous faites pas prendre, si vous demeurez en vie jusqu’à la fin, vous serez un homme déshonoré, un homme à qui il restera sans doute bien peu de raisons de vivre. »
Un peu plus loin :
« Il ne mentionna pas la raison principale qui devait me décider à accepter son offre : à savoir que j’étais un cabot dans l’âme. Dans le rôle d’espion auquel il me prédestinait, j’aurais l’occasion de donner la mesure de mes talents d’acteur. Ma brillante interprétation du fanatique nazi tromperait tout le monde. »

Kurt Vonnegut (1922-2007), écrivain américain né de parents d’origine allemande, a vécu, enfermé dans une cave d’abattoir, le bombardement par les alliés de la ville de Dresde entre le 13 et le 15 février 1945 et en a été traumatisé. Plusieurs de ses romans sont liés à cette expérience et en particulier le célèbre Slauterhouse Five (Abattoir 5).

Voici une émission de France Culture à propos de Abattoir 5 de Kurt Vonnegut, cinquantième anniversaire.

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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