Céline Roos

Lire Écrire Rêver

Histoires de mots en cinquante-cinq mots et moins

Les mots qui fâchent

D’après Stephen King, il ne faut pas avoir peur d’écrire les mots qui fâchent, de se faire des inimitiés dans la société. Moi, j’avoue que j’en ai peur. Mais parfois mes mots fâchent et je ne sais pas vraiment pourquoi. A posteriori, je fais des suppositions mais ne suis jamais sure d’avoir trouvé la raison.

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Du Livre comme Produit Commercial

En guise d’inspiration, j’ai trouvé un exercice d’écriture trouvé dans un livre d’anglais de BTS tertiaires. Je le traduis ici :

Travaillez en groupes de 6 plus un modérateur.
La tâche : analysez votre manuel d’anglais en utilisant les critères suivants.
1) aspect : couleur, taille, poids, couverture
2) utilité : – table des matières ; – chapitres, divers types de pages ; – trouver une information précise est plutôt/ très / extrêmement … facile / difficile
3) contenu : – niveau (assez / très / trop … facile / difficile) ; – pages de vocabulaire ; – pas assez de … / trop de … (articles, matériel audio, liens internet, propositions d’activités, etc.)
4) éléments manquants
Faites ensuite une synthèse que vous communiquerez à la classe.

Du livre considéré comme un produit commercial, les étudiants étant les consommateurs sollicités pour l’évaluer de façon quantitative et qualitative ! Évidemment, en toile de fond, le but principal de l’exercice est de mettre les étudiants en situation de pratiquer la langue qu’ils apprennent.

Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Alors, qu’est-ce qui me fait réagir dans cet exercice ? Car dans le fond, il est vrai que les étudiants ont beaucoup de livres à acheter et cela représente un budget conséquent pour eux. Mais une petite part de moi est choquée quand même à l’idée d’assimiler le livre à tout autre produit commercial dont on pourrait jauger les caractéristiques physiques et utilitaires.

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Nouvelle à tiroirs

L’auteur avait commencé à rédiger le début d’une nouvelle dont les thèmes principaux seraient le monde du jeu d’échecs et l’inspiration au voyage en posant son narrateur et son personnage, ce dernier en face d’une boutique d’échecs dans la partie francophone de la ville de Montréal. Son personnage Célia avait pénétré dans la boutique, rencontré le préposé à l’accueil et appris qu’elle pourrait y jouer le lendemain soir. Elle avait fait quelques pas dans les rues puis s’était assise dans un café pour réfléchir, le narrateur ne se préoccupant pas de ce que les autres figurants pouvaient bien penser de son personnage nouveau sur cette scène. Le narrateur avait simplement expliqué que Célia était une joueuse d’échecs française, aux finances réduites.

Le centre, s’il vous plait? Céline Roos

À ce moment de la progression de l’œuvre, l’auteur avait commencé à réfléchir à la progression de son histoire et avait demandé à son narrateur d’installer Célia en un lieu calme où elle pourrait se remémorer ce qui l’avait menée en la terre d’accueil qu’est Montréal. Elle se rappelle donc son état d’esprit plusieurs mois plus tôt alors qu’elle ne savait pas encore qu’elle allait faire ce voyage, indique relativement brièvement des évènements qui eurent lieu dans sa ville d’origine et le narrateur s’était arrêté avec la phrase : « Londres et New York avaient fait partie de la galère. »

Voici cette première mouture :

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L’adresse au public

Selon le Guide des Idées Littéraires par Henri Benac (Hachette, 1988), « tout écrivain s’adresse à son frère lecteur. » (article Public, p. 407)

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Les Essais de Montaigne (1580-1588)- Adresse au lecteur

Hier soir, je relisais des passages de Montaigne, si émouvant par son analyse constante de sa démarche d’écriture, de ce qui le pousse à écrire, de ses qualités et défauts. Que dit-il de sa relation au public ?

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La solitude pour écrire ?

« […] la langue ne me fournit pas à propos l’expression de la vérité. J’abandonne une thèse, faute de mots qui rendissent bien mes raisons. J’ai au fond de mon cœur une chose, et j’en dis une autre. »

Diderot, Salon de 1767

Et il poursuit heureusement dans le même paragraphe :

« Voilà l’avantage de l’homme retiré dans la solitude. Il se parle, il s’interroge, il s’écoute, il s’écoute en silence. Sa sensation secrète se développe peu à peu ; et il trouve les vraies voix qui dessillent les yeux des autres et qui les entraînent. »

Encyclopédie de Diderot et de d’Alembert – Planche : Taille de la plume – Scannée par Lessay –

Diderot énonce le problème de tous ceux qui veulent exprimer leurs sensations et il nous propose une solution ensuite qui comporte la nécessité de la solitude.

Aujourd’hui, beaucoup de ceux qui écrivent sont en constante communication avec le monde par le biais des réseaux numériques. J’en suis. Cette constante interaction me laisse-t-elle le temps de réfléchir, d’écouter en moi-même les mots qui me permettront de poser sur la page mon idée de façon à ce qu’elle résonne avec force ?

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Souvenirs tenaces

Une mini-nouvelle, aujourd’hui : Souvenirs Tenaces

Il serait en quelque sorte bloqué par ses souvenirs ? La galère et le frisson de l’interdit, celui de la rencontre improbable, des substances illicites, des fantasmes momentanément assouvis, des batailles remportées, de l’indépendance gagnée … bien trop vague de le dire comme cela. Il lui était heureusement resté un petit brin de sociabilité et il avait de temps en temps envoyé des cartes postales ou téléphoné à ceux qu’il aimait.

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Lecture: les « Vies d’Eugène et de Clara » par Pierre Michon

J’ai repris dans ma pile de livres entamés les Vies Minuscules (1984) de Pierre Michon que j’avais délaissé il y a quelques temps.

Vies Minuscules est un récit romancé fait de huit portraits de personnes apparentées ou amies du narrateur dont la vie racontée ressemble un peu à celle de l’auteur. François Bon en dira plus tard dans Exercice de la Littérature (Publie-net : 2008 – mise à jour 2010) : « une seule vie s’écrit, mais s’écrit comme somme de temps disjoints non rassemblés ».

J’écris ces quelques lignes après avoir lu les « Vies d’Eugène et de Clara », le troisième de ces textes.

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Stefan Zweig et les Vivants de la Rue

Cette année une compilation de textes inédits en France de Stefan Zweig a été publiée. Il s’agit de Seuls les Vivants Créent le Monde. Ces textes sont des articles, manifestes et reportages de la période de 1914 à 1918 et ils ont été traduits par David Sanson et compilés par Bertrand Dermoncourt ; ils sont précédés d’une introduction par ce dernier. Je ne les ai pas lus encore, de Stefan Zweig je n’ai lu que quelques excellentes biographies et la Schachnovelle, chère à mon cœur de joueuse d’échecs. C’est le titre de l’ouvrage qui m’a arrêtée, car j’ai pensé à un petit texte que j’ai proposé un jour à une revue mais qui n’avait pas été accepté, sans que j’en sois fortement surprise. Le voici :

Les Vivants de la Rue par Céline Roos

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Le Terrier ou la Construction par Franz Kafka

J’ai débuté ces jours-ci ma lecture de Le Terrier ou la Construction (Der Bau, 1931) de Franz Kafka  dans sa nouvelle traduction (2018) de Laurent Margantin.

Ce récit (nouvelle, novella, conte ? je ne sais pas comment on l’appelle), non terminé, n’a pas été publié du temps du vivant de son auteur. Franz Kafka était déjà très malade lorsqu’il avait commencé sa rédaction.

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Dresser un portrait comique

Je ne voudrais pas tromper mon monde. Ce blog que je commence, ce n’est pas moi qui en suis l’architecte. J’ai écrit les quelques textes qui précèdent, et dit « oui, ceci me plait » ou « je préfèrerais cela », mais la personne qui le construit s’appelle Nicolas. Je dirai son nom en entier si cela ne le dérange pas. Je vais bientôt prendre la main, alors, si certains me lisent, il ne faut pas hésiter à me faire des suggestions !

En attendant, voici quelques notes que j’ai prises il y a quelques temps, en réfléchissant après avoir lu la nouvelle Everything That Rises Must Converge (1965) de Flannery O’Connor dont voici des phrases intéressantes qui lui ont permis de dresser un portrait « grotesque » ou comique :

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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