Céline Roos

Lire Écrire Rêver

Souvenirs de fac

Un jour, je me suis inscrite à la fac d’anglais.

Image par Andrew Tan de Pixabay

À l’époque, je n’avais aucune idée que cela m’amènerait à devenir professeur d’anglais. J’étais surtout attirée par la littérature et j’avais une envie d’étudier à un niveau plus poussé. Depuis des années, j’essayais de rester éveillée d’un point de vue intellectuel et je lisais beaucoup, de façon hétéroclite, anarchique mais je me rendais compte qu’il me manquait un certain nombre d’outils pour m’aider à penser. Mais aussi, je savais qu’il me fallait changer d’orientation professionnelle car je ne pouvais plus concilier ma vie de joueuse d’échecs professionnelle avec ma vie de mère. Je voulais donc aussi faire des études pour obtenir des diplômes qui me permettraient de retrouver du travail. Je n’avais que le bac dans ces années et mon niveau et mes titres aux échecs ne m’assureraient plus, à l’âge de quarante-cinq ans, un travail intéressant.

Lire la suite

Souvenir: le 1er mai de l’année avant le coronavirus

Une participante active du forum Atramenta a posé la question suivante: « Avez-vous un souvenir de 1er mai? »

Image par ARLOUK de Pixabay

Voici mes notes prises dans un café, le matin du 1er mai 2019

J’avais oublié hier qu’aujourd’hui serait férié. Il est un peu plus de huit heures et en sortant le chien tout à l’heure j’ai aperçu de loin les lumières du Café Brandt où je suis à présent assise.

Lire la suite

Une mini-nouvelle: L’hypocondriaque mégalo

Foin de la paresse! Ou de toutes les excuses qui m’empêchent de publier. Aujourd’hui, je me suis décidée à écrire un petit texte inspiré par un des thèmes du forum Zodiac Stories du mois d’avril: « Hypocondriaque ».

L’hypocondriaque mégalo


Image de couverture : Molière (1622-1673). Le Malade imaginaire.
Bibliothèque Nationale de France

« He is under the influence » se disait à une certaine époque, au Royaume-Uni, d’une personne ivre. Nous sommes tous influencés à divers moments par le vent qui souffle trop fort, une remarque négative, des intestins douloureux, un regard brillant rencontré dans la rue, une invitation à la paresse, des rires d’enfants. Un évènement aléatoire nous aura envoyé un très discret message dont nous n’aurons pas été conscients.

Lire la suite

Le téléphone au temps du Covid

En ce présent intense, le téléphone a regagné en vitalité. Grâce à la crise actuelle, lorsque le téléphone sonne, vous savez que ce ne sera pas un vendeur. Je ne pouvais leur reprocher de faire leur travail mais ils étaient vraiment intrusifs et je ne les laissais pas me parler.

Pourtant, je dois m’avouer que je ne suis pas tout à fait claire en la matière puisque j’ai aussi été vendeuse dans ma jeunesse : d’annonces dans un journal et de divers autres produits par téléphone.

Souvenirs d’avant le Covid-19

Image téléphone par
Gerhard Gellinger sur Pixabay

Lire la suite

Pendant l’éclipse, lectures div/gestives

Je redécouvre ma bibliothèque en ce moment alors que de petits soucis de santé m’éloignent de mon ordinateur. Mes parutions d’articles sur mon blog se raréfient donc mais j’espère que je pourrais bientôt être plus active. En attendant, voici une petite liste de livres qui pourrait vous intéresser. Parfois, avec quelques petites citations.

Kurt Vonnegut

Pris dans Nuit Noire ou Nuit Mère de Kurt Vonnegut (1976) traduit par Michel Pétris de Mother Night (1961) :
« Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de cet échec. »
P. 57 :
« – Dès le début de la guerre, vous ferez le choix d’être un homme mort. Et même si vous ne vous faites pas prendre, si vous demeurez en vie jusqu’à la fin, vous serez un homme déshonoré, un homme à qui il restera sans doute bien peu de raisons de vivre. »
Un peu plus loin :
« Il ne mentionna pas la raison principale qui devait me décider à accepter son offre : à savoir que j’étais un cabot dans l’âme. Dans le rôle d’espion auquel il me prédestinait, j’aurais l’occasion de donner la mesure de mes talents d’acteur. Ma brillante interprétation du fanatique nazi tromperait tout le monde. »

Kurt Vonnegut (1922-2007), écrivain américain né de parents d’origine allemande, a vécu, enfermé dans une cave d’abattoir, le bombardement par les alliés de la ville de Dresde entre le 13 et le 15 février 1945 et en a été traumatisé. Plusieurs de ses romans sont liés à cette expérience et en particulier le célèbre Slauterhouse Five (Abattoir 5).

Voici une émission de France Culture à propos de Abattoir 5 de Kurt Vonnegut, cinquantième anniversaire.

Lire la suite

Une mini-nouvelle : la rébellion du petit carnet

Une proposition d’écriture de Régine Detambel s’intitule « les usages du carnet ». Elle m’a inspiré le petit conte loufoque, légèrement dystopique mais un peu innocent qui suit.

Copie d’une des dernières pages d’un des carnets préparatoires de Sur la route par Jack Kerouac, intitulé « Notes nocturnes et diagrammes pour Sur la route » (novembre 1949). Exposition « Sur la route de Jack Kerouac : L’épopée, de l’écrit à l’écran » (16 mai – 19 août 2012) au Musée des lettres et manuscrits de Paris. Déposé par Prosopee (Wikimedia Commons)

La Rébellion du Petit Carnet

Le petit carnet recevait ses pensées fugaces et lui donnait le temps, pendant qu’elle les notait, de réfléchir à leurs causes et leurs implications. Parfois, il lui offrait une illumination, un élément de réponse à un mystère qui se cachait quelque part dans sa mémoire. Ce carnet représentait un certain confort : elle y écrivait lorsqu’elle n’avait pas envie d’être assise en face d’un ordinateur, mais plutôt dans un coin de son sofa ou à une table d’un salon de thé. Immanquablement pourtant, elle recopiait plus tard ces notes dans un document sur son ordinateur.

Lire la suite

Petite astuce pour contrer le syndrome de la page blanche

Voici une petite astuce qui m’aide à combattre la déprime qui s’installe lorsque je me sens atteinte du syndrome de la page blanche.

Je l’ai trouvée sur le site Language is a Virus en anglais qui se présente avec l’idée de guérir le blocage de l’écrivain grâce à des suggestions d’écriture dont certaines sont réellement positives. Ainsi, hier, je suis tombée sur la suggestion « Make a list of everything that makes you feel motivated right now. » Je l’ai traduite pour moi-même par la question suivante :

Qu’est-ce qui me donne le sentiment d’avoir de la motivation, maintenant ?

Image par Pexels de Pixabay

Lire la suite

Citations de compensation

Quelques soucis de santé plus (mon chat) ou moins (moi) importants m’ont envahi l’esprit cette semaine. N’étant pas capable d’écrire, je vais utiliser des extraits d’autres auteurs pour créer cet article.

La langue crée le personnage

19/11/2019. Je feuillette Reading Shakespeare’s Dramatic Language ; A Guide de la série Arden Shakespeare (2001) et particulièrement l’article « Style, rhetoric and decorum » par Lynne Magnusson.

p. 28, à propos de Shylock :

« […] the cautious sizing up of a man’s words and assets suggested by Shylock’s repeating of what Bassanio says – the langage ‘fits’ or, indeed, creates the speaker. »

+

« […] Here, without questions, schemes of repetition are not primarly ornemental but have a clear dramatic function in bringing out the plurality of the play’s voices. »

Ma traduction :

« […] lorsque Shylock répète ce que dit Bassanio, il semble évaluer les mots de l’homme et ses atouts : la langue convient au locuteur ou, en fait, le crée. »

+

« […] Sans conteste, ici, les schémas de répétition ne sont pas avant tout ornementaux mais ont clairement la fonction dramatique de faire ressortir la pluralité des voix de la pièce. »

Magnusson fait remarquer l’opposition entre les paroles typiques d’un noble de Bassanio et celles plus prosaïques, prudentes et calculatrices de Shylock. Quant aux répétitions de segments de phrases de l’un à l’autre personnage, elles permettent encore une fois de poser le personnage de Shylock. Le style, la couleur de ses phrases et mots ne font pas qu’aller au personnage. Elles le créent aussi, elles le construisent.

Lire la suite

Aller-retours temporels

Nous serons bientôt en 2020. Lorsque j’étais enfant, j’avais calculé l’âge que j’aurais en 2000 : quarante-six ans. Je me demande si j’avais une idée de ce que j’allais devenir plus tard et de ce que je suis aujourd’hui. J’avais une idée assez nette de ce que je ne voulais pas devenir : je ne voulais pas me compromettre, être corrompue, vivre pour l’argent. Je voulais vivre selon mes valeurs de l’époque (quelque chose de l’ordre du chevaleresque). Ont-elles beaucoup changé ? Je ne crois pas mais je me suis calmée, suis (un peu) plus sage, plus prudente. Je voulais que ma vie soit une aventure. J’ai été servie. J’espère que ce n’est pas fini.

Ashes to Ashes – image Amazon

Lire la suite

Un an de retraite et Dans les Coulisses : le Prologue

Il est difficile de ne pas penser à la retraite à cause du climat social actuel, des manifestations, des annonces du gouvernement et de discussions sur les forums divers. Le sujet (plus précisément, celui des pensions de retraite) me met pourtant parfois d’humeur chagrine. Pour l’oublier, il faudrait peut-être cesser d’écouter et regarder les nouvelles de la télé et de la radio.


Actrices en scène au Théâtre du Globe de Silvano Toti
Représentation de la Mégère Apprivoisée
Rome en 2004. Albarubescens (Wikimedia Commons)

Hommage à cette directrice d’école qui s’est suicidée récemment, accablée de responsabilités. Je n’ai pas été chef d’établissement mais je sais qu’ils sont écrasés de travail. C’est presque la même chose pour les enseignants des écoles, des collèges et des lycées. J’ai heureusement pu partir à la retraite, un mois avant mes soixante-cinq ans. Je n’étais pas assurée de gagner une pension raisonnable, non, je l’avais calculée à l’avance : elle s’élève à bien moins que le montant du seuil de pauvreté, complémentaires incluses. Je ne regarde pas de trop près, je ne veux pas me fâcher.
Je dis que j’ai heureusement pu partir à la retraite car, plus d’une fois, j’ai pensé que ce n’était pas juste de travailler aussi durement. J’ai pensé qu’il valait mieux m’arrêter pour avoir des chances de vivre un peu plus longtemps et ne pas être complètement épuisée, au moment où je serais radiée des cadres, hors de fonction. Hors de fonction peut signifier plusieurs choses, n’est-ce pas ?

Lire la suite

Page 1 sur 6

Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

  Politique de confidentialité | Déclaration de confidentialité