Céline Roos

Lire Écrire Rêver

Deux courtes histoires commençant par la fin

Voici deux histoires très courtes commençant par la fin: l’une est liée au jeu d’échecs, l’autre a pour thème une avancée scientifique du futur et ses conséquences éventuelles. J’ai l’impression que je vais encore exploiter ce deuxième thème dans d’autres nouvelles. Il me semble bien fécond.

Gribouillis par Céline Roos

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Je flâne à partir de mes lectures

Une simple phrase lue peut nous faire partir dans tant de directions.

Je n’ai pas encore terminé de lire
Carcajou ou le Diable des Bois
de Félix Leclerc, mais qu’il est beau!

« Mais peut-être que pour eux c’était autre chose. » Nathalie Sarraute, Tropismes (1939) (chapitre II)

Je reprends cette phrase tirée d’un roman dont je n’ai lu que des extraits, mais elle est universelle, dans le fond. Chacun a dû se la dire à un moment ou un autre. Une situation, un évènement perçus de façon différente par les divers acteurs ou témoins.

C’était autre chose qui les avait motivés.

C’était autre chose qu’ils ressentaient ou avaient ressenti.

C’était autre chose dont ils rêvaient.

C’était autre chose qui les faisait frémir ou les terrifiait.

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Mini-histoire loufoque débutant par l’épilogue

Notre héros se trouva en fin de compte renvoyé dans sa réalité, dans son environnement habituel. Il resta quelque temps apathique (enfin, telle aurait été l’impression d’un hypothétique observateur). Il lui fallait se recomposer, laisser à ses sens le temps de se réhabituer aux odeurs, aux couleurs, aux sons de ce monde. Il ne voulait pas se laisser envahir par des émotions empreintes de jugement, surtout pas par le découragement, la tristesse, le désespoir, l’impression d’échec ou la nostalgie. Il dormit beaucoup, mangea un peu, resta longtemps les yeux dirigés vers le ciel, observant le passage des nuages, de quelques oiseaux, repensant à l’anecdote que son père lui avait raconté de ces volatiles qui avaient décidé de son destin. Il n’essaya pas d’appeler. Une petite douleur le pinçait.

Mais qui est-il donc ? Et s’agit-il bien d’une histoire ?

Les chèvres noires, scène de rue à Paris, illustration,
supplément illustré des Annales, 1895.
Œuvre originale reproduite en similigravure.
Morburre (Wikipedia Commons)

Vu une image : une jeune fille, un garçon d’une dizaine d’années et un ruminant : une chèvre, je crois, noire (ou une brebis?) Ils sont dans un pré. Derrière eux, une maison à une cinquantaine de mètres. Deux objets en plastique de couleur : un seau ? Un ballon ? Le garçon est agenouillé et la chèvre s’approche de lui. Elle doit espérer une friandise. J’en ai déjà rencontré dans un parc zoologique. Elles sont très quémandeuses, insistantes, pas timides pour un sou !

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Souvenirs de fac

Un jour, je me suis inscrite à la fac d’anglais.

Image par Andrew Tan de Pixabay

À l’époque, je n’avais aucune idée que cela m’amènerait à devenir professeur d’anglais. J’étais surtout attirée par la littérature et j’avais une envie d’étudier à un niveau plus poussé. Depuis des années, j’essayais de rester éveillée d’un point de vue intellectuel et je lisais beaucoup, de façon hétéroclite, anarchique mais je me rendais compte qu’il me manquait un certain nombre d’outils pour m’aider à penser. Mais aussi, je savais qu’il me fallait changer d’orientation professionnelle car je ne pouvais plus concilier ma vie de joueuse d’échecs professionnelle avec ma vie de mère. Je voulais donc aussi faire des études pour obtenir des diplômes qui me permettraient de retrouver du travail. Je n’avais que le bac dans ces années et mon niveau et mes titres aux échecs ne m’assureraient plus, à l’âge de quarante-cinq ans, un travail intéressant.

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Une mini-nouvelle: la Promotion du Balai

Du balai ! Une exclamation qui exprime la brutalité de l’usage de cet outil domestique. Aujourd’hui, le verbe dérivé du balai est utilisé avec plus de douceur dans le discours des esthéticiens(nes) ou des coiffeurs(ses).

Image par Daniel Kirsch de Pixabay

Le balai : un ustensile ancien, universel, familier dont on ne peut finalement pas se passer mais que l’on remplace sans état d’âme par un semblable. Il se présente souvent un peu piteusement à moins que son propriétaire ne soit un obsédé de la propreté car, après chaque utilisation, son extrémité barbue reste en général couverte de poussière et de mini-moutons. Mais il lui arrive, comme à chaque pion d’un jeu d’échecs, de se trouver à l’occasion promu à une fonction plus noble.

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Souvenir: le 1er mai de l’année avant le coronavirus

Une participante active du forum Atramenta a posé la question suivante: « Avez-vous un souvenir de 1er mai? »

Image par ARLOUK de Pixabay

Voici mes notes prises dans un café, le matin du 1er mai 2019

J’avais oublié hier qu’aujourd’hui serait férié. Il est un peu plus de huit heures et en sortant le chien tout à l’heure j’ai aperçu de loin les lumières du Café Brandt où je suis à présent assise.

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Une mini-nouvelle: L’hypocondriaque mégalo

Foin de la paresse! Ou de toutes les excuses qui m’empêchent de publier. Aujourd’hui, je me suis décidée à écrire un petit texte inspiré par un des thèmes du forum Zodiac Stories du mois d’avril: « Hypocondriaque ».

L’hypocondriaque mégalo


Image de couverture : Molière (1622-1673). Le Malade imaginaire.
Bibliothèque Nationale de France

« He is under the influence » se disait à une certaine époque, au Royaume-Uni, d’une personne ivre. Nous sommes tous influencés à divers moments par le vent qui souffle trop fort, une remarque négative, des intestins douloureux, un regard brillant rencontré dans la rue, une invitation à la paresse, des rires d’enfants. Un évènement aléatoire nous aura envoyé un très discret message dont nous n’aurons pas été conscients.

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Élucubrations sur le non-savoir

J’ai eu une quantité de dadas, que je n’ai pas poursuivis de manière bien fidèle. Je pourrais citer ma période d’engouement pour le jeu Civilisation sur ordinateur, la comptabilité, les livres (et je pense à la collection encyclopédique des Que-sais-je ? que je trouvais formidable pour m’auto-former au moins succinctement dans certains domaines), le go, (je ne mettrais pas le jeu d’échecs dans cette case puisque j’y ai quand même consacré une trentaine d’années), le yoga, le bouddhisme (qui a fortement teinté ma façon de penser et ressentir), les contacts avec les gens et les animaux (mais ce n’est pas un engouement, c’est partie intégrante de ma vie, même si je suis un peu recluse), la psychologie (en lecture seulement et je n’y ai touché que lorsque je me suis sentie assez mûre car j’en avais peur), la critique littéraire, la théorie de l’énonciation au lieu de la grammaire classique, la didactique et l’enseignement des langues, la littérature bien sûr et aujourd’hui l’écriture, la vie associative (en ce moment, je ne suis inscrite que dans une association qui s’intéresse aux logiciels libres) et le bénévolat (que j’ai un peu pratiqué), l’informatique et j’en trouverai d’autres probablement au fil de mes souvenirs. Mais je ne sais pas.

Tout ce qu’on ne sait pas. Je ne sais pas…

Je ne sais pas ce que pensent les oiseaux, perchés si haut, dans le temps rigoureux.

Albrecht Dürer, hand study,
16th century drawing
(Wikimedia commons)

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Le téléphone au temps du Covid

En ce présent intense, le téléphone a regagné en vitalité. Grâce à la crise actuelle, lorsque le téléphone sonne, vous savez que ce ne sera pas un vendeur. Je ne pouvais leur reprocher de faire leur travail mais ils étaient vraiment intrusifs et je ne les laissais pas me parler.

Pourtant, je dois m’avouer que je ne suis pas tout à fait claire en la matière puisque j’ai aussi été vendeuse dans ma jeunesse : d’annonces dans un journal et de divers autres produits par téléphone.

Souvenirs d’avant le Covid-19

Image téléphone par
Gerhard Gellinger sur Pixabay

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Quelques textes très courts : Méli-Mélo

Ma veine fictionnelle est toujours coincée, prise que je suis dans un circuit de visites médicales et de divers bobos, interventions et traitements. D’une certaine façon, je me considère chanceuse : je vis dans un pays et une région où je peux bénéficier de soins, la clinique et les cabinets médicaux sont à moins d’un km de ma résidence, ma famille proche est présente et je suis avertie du danger ce qui me donne la possibilité de me préparer à toute éventualité !
Je ne voudrais néanmoins pas laisser se tarir mon blog et je vais donc publier un petit patchwork de mini-textes (en fait, j’ai une nouvelle en préparation mais elle ne me satisfait pas du tout pour l’instant).

Quelques textes très courts à propos d’hôpitaux et de confinement

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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