Céline Roos

Lire Écrire Rêver

Le grotesque et le métatextuel : Robert Coover

Je poursuis ma lecture de Robert Coover, cet auteur que j’ai découvert dans les derniers mois et dont, malheureusement, toutes les œuvres n’ont pas été traduites en français.

J’ai déjà parlé de lui dans les articles suivant :

L’atypique nouvelle The Babysitter de Robert Coover

Apories : Idées dont je n’ai pas su quoi faire

Je viens de lire une « sous-nouvelle » de la nouvelle « The Sentient Lens » (la lentille sensible): « The Leper’s Helix » (l’hélice du lépreux) du recueil Pricksongs & Descants (1969) de Robert Coover. Une nouvelle métatextuelle et en conséquence partiellement réservée aux initiés.


Bilder des Todes ober Todtentanz für alle Stände
par C. Merkel (1850)
(DaemonDice sur Wikimedia Commons)

L’hélice du lépreux

Ce récit « The Leper’s Helix » est relativement sinistre, avec une touche de grotesque, puisque l’on assiste à la progression douloureuse d’un moribond, un lépreux, dans une plaine désertique brûlée par le soleil, alors que le narrateur tourne autour et au-dessus de lui, l’observant et le décrivant. La description du lépreux évoque ces figures grotesques de morts des danses macabres, le grotesque étant une contraction du sinistre et du comique.

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Châteaux : épisode cinq du Périple aux dix Étapes et une mini-nouvelle

Voici deux petits textes à propos de châteaux.

Le premier, l’épisode cinq de mon histoire intitulée Le Périple aux dix étapes est une parenthèse historique.

Pour les épisodes précédents, voir :

Rappel des aventures des deux premiers épisodes ici.

Rappel des aventures des épisodes trois et quatre ici.

La fondation de la communauté du Haut-Château-Du-Roi

Plan du château de Montargis. Dictionnaire d’Architecture
Française du XIe au XVIe siècles (1856)
par Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879). (Wikimedia Commons)

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Apories : Idées dont je n’ai pas su quoi faire

Cela fait quelques jours que je n’ai pas publié ici et, comme à chaque fois que je fais une pause, j’ai un petit peu de mal à reprendre. Je vais donc publier aujourd’hui des idées qui me sont venues mais dont je n’ai pas su quoi faire. Quand je ne sais pas où aller, j’y vais quand même….

Une aporie (du grec ἀπορία, aporia, absence de passage, difficulté, embarras) est une difficulté à résoudre un problème. […]
Pour Aristote, c’est une question qui plonge le lecteur ou l’auditeur dans le doute tout en le poussant à trancher entre deux affirmations : « απορία, διαπορια », c’est-à-dire « contradiction, embarras ».
Le sens actuel d’aporie est plus fort et concerne tout problème insoluble et inévitable.
Pour prendre une image en relation avec l’étymologie du mot, on peut dire aussi que l’aporie est une impasse dans un raisonnement procédant d’une incompatibilité logique.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Aporie

Voici les premiers et les derniers mots de L’Innommable (1949) de Samuel Beckett.

http://blog.ac-versailles.fr/heros/index.php/post/12/01/2011/L-Innommable-%281949%29

Alors, voici ces idées diverses non abouties. C’est parti!

Image Fnac

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Une nouvelle : Le Périple aux dix Étapes (épisodes trois et quatre)

Les aventures de mes deux jeunes du Haut-Château-du-Roi se poursuivent.

Rappel des aventures des deux premiers épisodes ici.

Voici les consignes des semaines trois et quatre :

Consignes de la troisième semaine :
— faune, flore, sauvage, apprivoisée ou cultivée
— un trait de caractère, un sentiment
— monologue ou tirade
— devise sur un objet, un bâtiment ou familiale

Consignes de la quatrième semaine :
— matières minérales, naturelles ou artificielles
— la symbolique d’une couleur
— acrostiche sur le nom d’un des personnages ou d’un lieu
— message, missive, carte postale

https://www.atramenta.net/forum/sujet6088-page1.html

Étant donné que mes personnages font partie d’une communauté où l’écrit est interdit, j’ai dû m’affranchir d’une partie des consignes. Voici donc l’aventure qui continue !

Le Périple aux dix Étapes (suite)

Rue de Strasbourg (Google maps)

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La voix : texte et audio

Lorsque j’étais adolescente, j’avais lu le roman Dune de Franck Herbert et j’avais été fascinée par l’idée du pouvoir de la Voix des Bene Gesserit, ces puissances féminines. Était-ce parce que j’étais l’aînée d’une fratrie, avec des frères qui devenaient physiquement plus puissants que moi ?

Bien plus tôt, lorsque ma mère m’envoyait faire de petits achats à la boulangerie, je m’étais rendue compte que si je modulais ma voix d’une certaine façon, j’allais recevoir de la boulangère une friandise ou un petit pain supplémentaire.

Projection-Débat d’Ouvrir la Voix à l’American Cosmograph (10/2017)
Caroline Léna Becker (Wikimedia Commons)

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Les vacances de la Toussaint et une mini-nouvelle

Les feuilles commencent à joncher les sols. Brume et bruine créent l’ambiance automnale. Les rues sont aussi plus calmes en ce moment : moins de trafic, moins de vélos sur les trottoirs lors de ma promenade canine du matin.

Je me rends compte que mes anciens collègues peuvent enfin profiter de leurs vacances de la Toussaint, le premier répit après sept semaines qui ont dû être bien difficiles. Il a fallu s’habituer à de nouveaux groupes d’élèves qui ont dû, quant à eux, s’habituer à leurs nouvelles classes et leurs nouveaux professeurs. Cette année, de plus, des éléments de la nouvelle réforme doivent s’appliquer aux programmes, aux modalités du bac et je suis sûre que les réunions ont dû s’enchaîner.

Il y a un an maintenant, ces petites vacances de la Toussaint étaient les dernières de ma vie d’enseignante. Serais-je encore capable aujourd’hui de prendre en main des classes de lycéens ou de collégiens ? Aurais-je encore les bons réflexes ? Oui, mais avec moins d’endurance, probablement.

L’année dernière, à la même époque de vacances de milieu de trimestre, je me faisais les promesses suivantes : « Terminer ma nouvelle commencée, intitulée pour l’instant les Grumeaux, sortir chaque jour au moins une fois sans mon chien, terminer un de mes romans ou livres commencés, préparer mes cours et faire mes cahiers de texte, tenter d’avancer mon blog. » Je notais aussi qu’il n’allait plus me rester qu’un mois de travail avant la retraite.

Pour ce qui est du blog, il ne s’agissait pas du même puisque je n’ai commencé celui-ci qu’au mois de janvier. Il s’agissait en fait d’une première tentative de blog avec WordPress, mais je ne l’ai ni développé, ni mis en ligne. Je n’ai jamais achevé non plus ma nouvelle les Grumeaux – ce qui est le cas de dizaines d’autres mais j’ai heureusement beaucoup lu cette année.

À la fin de ces vacances de l’année dernière, j’écrivais la note suivante : « Mais pensons d’abord à mon monde de l’écriture. Ce matin, j’ai lu un article dont je ne suis pas trop sûre. Le style « poétique » fait que je ne comprends pas toujours son propos. Mon éducation scientifique ou mes manques cognitifs ou culturels m’handicapent en ce qui a trait à l’écriture ou la lecture. »

Un bilan un peu triste. Je suppose que le manque de luminosité (mais aujourd’hui le temps est radieux) a une influence sur nos humeurs. Revenant à la Toussaint, je penserai peut-être un jour à écrire quelques paragraphes à propos de l’histoire « Argile » du recueil Gens de Dublin (1914) de James Joyce.

Buste de Joyce
St Stephen’s Green
à Dublin

(Il y a quelques mois, j’avais écrit la très courte nouvelle « Le voyage qu’Eveline n’a pas fait » qui était une réinterprétation d’Eveline, une des histoires de ce même recueil de James Joyce : à trouver dans l’article Rêves d’écrivains.)

Allons, je vais ajouter une petite nouvelle absolument loufoque, est-ce même une nouvelle ? Quoi qu’il en soit, elle a été inspirée par la consigne d’un concours que j’ai vu sur internet. Je ne pense pas qu’il soit utile de l’envoyer.

La consigne

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À propos d’un roman de Junot Diaz et une mini-nouvelle

Je n’ai pas terminé encore de lire le roman The Brief Wondrous Life of Oscar Wao (2007) de Junot Diaz, un auteur moins connu en France qu’en Amérique. Ce roman lui a valu le prix Pulitzer de la fiction et le National Book Critics Circle Award. Je le lis dans sa version anglaise, mais il a aussi été traduit en français sous le titre La Brève et Merveilleuse Vie d’Oscar Wao (2009).

Image Amazon

Plus d’informations ici :
La page Junot Diaz sur Wikipedia
La chronique « Je me livre » par Jean-Luc Roos sur Junot Diaz

Quelques brèves idées à propos d’un extrait, p. 63

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Lectures d’octobre et une mini-nouvelle

Dans mes lectures éclectiques de ce mois se sont trouvés des œuvres, ou des extraits de livres d’Alphonse Allais, de Jorge Luis Borges, Cervantès, Don DeLillo , Junot Diaz , Umberto Eco, Richard Ford, Patrick Modiano, Robert Penn Warren. Je ne prétends pas avoir lu ou relu ces livres en entier, mais parfois des nouvelles, des passages, des chapitres ou des préfaces.

Alphonse Allais

L’Affaire Blaireau (ni vu ni connu) (1899) d’Alphonse Allais avec une préface contenant une lettre à Tristan Bernard est l’histoire d’une injustice et a été adapté en film sous le titre Ni Vu Ni Connu (1958) de Yves Robert avec comme acteur principal Louis de Funès.

Image d’Amazon

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En pensant au flux de conscience dans les romans

David Lodge mentionne dans son article sur le flux de conscience, dans son livre The Art of Fiction (1992) que :

It has been said that the stream-of-consciousness novel is the literary expression of solipsism, the philosophical doctrine that nothing is certainly real except one’s own existence ; but we could equally well argue that it offers us some relief from that daunting hypothesis by offering us imaginative access to the inner lives of other human beings, even if they are fictions. 

The Art of Fiction (1992) David Lodge

Ma traduction :

Selon certains critiques, le roman du flux de conscience est l’expression littéraire du solipsisme, la doctrine philosophique pour laquelle rien n’est réel avec certitude que sa propre existence ; mais nous pourrions aussi bien avancer qu’il nous offre un soulagement de cette hypothèse déprimante en nous permettant un accès par l’imagination à la vie intérieure des autres êtres humains, même s’ils ne sont que fictifs.

David Lodge ajoute plus tard dans son article que les romans de flux de conscience ou courant de conscience ont tendance à inciter le lecteur à éprouver une certaine sympathie pour le personnage dont il peut lire les pensées. Je me demande si c’est la raison inconsciente pour laquelle je tente souvent d’écrire de tels passages.

traduit par Jacques Aubert
Éditeur : Gallimard (2006)

Tentative d’écriture en suivant le courant de conscience

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Une nouvelle : Le Périple aux dix Étapes (épisodes un et deux)

Je me suis encore une fois laissée tenter par un défi d’écriture en cinq semaines avec une consigne par semaine. J’avoue que je le regrette un peu, mais je suis joueuse et résiste peu aux défis.

Voici les consignes de ces deux premières semaines :

Première semaine :
— un mode ou un moyen de locomotion
— une direction
— un paragraphe (au moins une phrase) avec des assonances (à vous de choisir le son que vous souhaitez répéter)
— les nuances d’une couleur

Seconde semaine :
— une tradition, une coutume, réelle ou inventée
— un élément climatique
— un dialogue
— acronyme ou sigle, inventé ou réel, éventuellement détourné

https://www.atramenta.net/forum/sujet6088-page1.html

Visiblement, la nouvelle que je vais tenter d’achever de la sorte sera de type littérature de jeunesse. Elle me pose déjà de nombreux problèmes. On verra bien comment je m’en sortirai. Mais voici donc mes deux premiers épisodes de

Le Périple aux dix Étapes

Haut-Koenigsbourg, France
photographe : Tobias Helfrich (Wikimedia Commons)

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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