Céline Roos

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Souvenir: le 1er mai de l’année avant le coronavirus

Une participante active du forum Atramenta a posé la question suivante: « Avez-vous un souvenir de 1er mai? »

Image par ARLOUK de Pixabay

Voici mes notes prises dans un café, le matin du 1er mai 2019

J’avais oublié hier qu’aujourd’hui serait férié. Il est un peu plus de huit heures et en sortant le chien tout à l’heure j’ai aperçu de loin les lumières du Café Brandt où je suis à présent assise.

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Une mini-nouvelle: L’hypocondriaque mégalo

Foin de la paresse! Ou de toutes les excuses qui m’empêchent de publier. Aujourd’hui, je me suis décidée à écrire un petit texte inspiré par un des thèmes du forum Zodiac Stories du mois d’avril: « Hypocondriaque ».

L’hypocondriaque mégalo


Image de couverture : Molière (1622-1673). Le Malade imaginaire.
Bibliothèque Nationale de France

« He is under the influence » se disait à une certaine époque, au Royaume-Uni, d’une personne ivre. Nous sommes tous influencés à divers moments par le vent qui souffle trop fort, une remarque négative, des intestins douloureux, un regard brillant rencontré dans la rue, une invitation à la paresse, des rires d’enfants. Un évènement aléatoire nous aura envoyé un très discret message dont nous n’aurons pas été conscients.

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Élucubrations sur le non-savoir

J’ai eu une quantité de dadas, que je n’ai pas poursuivis de manière bien fidèle. Je pourrais citer ma période d’engouement pour le jeu Civilisation sur ordinateur, la comptabilité, les livres (et je pense à la collection encyclopédique des Que-sais-je ? que je trouvais formidable pour m’auto-former au moins succinctement dans certains domaines), le go, (je ne mettrais pas le jeu d’échecs dans cette case puisque j’y ai quand même consacré une trentaine d’années), le yoga, le bouddhisme (qui a fortement teinté ma façon de penser et ressentir), les contacts avec les gens et les animaux (mais ce n’est pas un engouement, c’est partie intégrante de ma vie, même si je suis un peu recluse), la psychologie (en lecture seulement et je n’y ai touché que lorsque je me suis sentie assez mûre car j’en avais peur), la critique littéraire, la théorie de l’énonciation au lieu de la grammaire classique, la didactique et l’enseignement des langues, la littérature bien sûr et aujourd’hui l’écriture, la vie associative (en ce moment, je ne suis inscrite que dans une association qui s’intéresse aux logiciels libres) et le bénévolat (que j’ai un peu pratiqué), l’informatique et j’en trouverai d’autres probablement au fil de mes souvenirs. Mais je ne sais pas.

Tout ce qu’on ne sait pas. Je ne sais pas…

Je ne sais pas ce que pensent les oiseaux, perchés si haut, dans le temps rigoureux.

Albrecht Dürer, hand study,
16th century drawing
(Wikimedia commons)

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Le téléphone au temps du Covid

En ce présent intense, le téléphone a regagné en vitalité. Grâce à la crise actuelle, lorsque le téléphone sonne, vous savez que ce ne sera pas un vendeur. Je ne pouvais leur reprocher de faire leur travail mais ils étaient vraiment intrusifs et je ne les laissais pas me parler.

Pourtant, je dois m’avouer que je ne suis pas tout à fait claire en la matière puisque j’ai aussi été vendeuse dans ma jeunesse : d’annonces dans un journal et de divers autres produits par téléphone.

Souvenirs d’avant le Covid-19

Image téléphone par
Gerhard Gellinger sur Pixabay

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Quelques textes très courts : Méli-Mélo

Ma veine fictionnelle est toujours coincée, prise que je suis dans un circuit de visites médicales et de divers bobos, interventions et traitements. D’une certaine façon, je me considère chanceuse : je vis dans un pays et une région où je peux bénéficier de soins, la clinique et les cabinets médicaux sont à moins d’un km de ma résidence, ma famille proche est présente et je suis avertie du danger ce qui me donne la possibilité de me préparer à toute éventualité !
Je ne voudrais néanmoins pas laisser se tarir mon blog et je vais donc publier un petit patchwork de mini-textes (en fait, j’ai une nouvelle en préparation mais elle ne me satisfait pas du tout pour l’instant).

Quelques textes très courts à propos d’hôpitaux et de confinement

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Une mini-nouvelle : Hannah en CDD

Je mène en ce moment une vie assez intense qui me bloque un peu du point de vue fictionnel. Pourtant, j’ai quand même pensé à aller prendre des nouvelles de Hannah, un de mes anciens personnages, pour voir comment elle se débrouillait.

Rappel des épisodes précédents

Voici le premier épisode de ses aventures : Hannah et après

Et le deuxième : Salon avec poupée et Hannah

Le troisième : Hannah et Chloé vont au cirque

Le quatrième : Hannah reprend un job étudiant

Hannah en CDD

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Une biographie : Ange qui sut se faire accepter

Ce texte sera forcément très maladroit car je n’ai pas l’habitude d’écrire des biographies mais je veux écrire à propos d’Ange dont la vie a semblé tellement atypique à un grand nombre de personnes alors que je suis persuadée qu’il est loin d’avoir été la seule personne à vivre de telles difficultés. C’est aussi une biographie très partielle. Désolée, de plus, pour mon manque de maîtrise des temps du passé: ma langue est contaminée par l’anglais que j’ai pratiqué longtemps les dernières années.

Ange Cortes était né en 1947 et il est décédé en 2004.

Ange Cortes (1947 – 2004)

Mais avant tout, une petite précaution de mon usage :

— Ange, Graçon, mec, tu permets que j’écrive à propos de toi ?

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Une mini-nouvelle : l’extraterrestre

J’avoue : je suis coupable d’abandon de blog pendant trois semaines. Deux semaines d’hospitalisation, une semaine pour reprendre souffle et remettre un peu mes affaires en ordre. J’ai consacré ce blog à la fiction, qu’elle soit mienne ou non, mais lorsque la vie devient intense, il m’est bien plus difficile de penser à la fiction. Aujourd’hui, pourtant, une première idée m’est venue, bien naïve, mais une première idée de mon invention et je vais donc la poster.

Mes inspirations du jour : le petit dessin que je place ici même, et une suggestion d’écriture de François Bon : Dialogue à un seul qui parle.

Je l’ai écrit vite et n’ai probablement pas été réellement en phase avec la suggestion faite, mais je suis bien contente d’avoir de nouveau un peu d’imagination.

L’extraterrestre (Céline Roos)

L’extraterrestre

Elle ressemblait à une extra-terrestre, peut-être l’était-elle. Je l’ai regardée en souriant dans doute, peut-être même en riant puisqu’elle m’a demandé pourquoi j’avais l’air si amusée. Ses grands yeux ne semblaient pas respecter la perspective : le plus éloigné me paraissait plus grand que le plus proche. Était-ce en superposition de ce que j’aurais vraiment dû voir ? Son crâne glabre montrait de petites protubérances effilées et ses oreilles, celle que je voyais, du moins, se terminaient en pointe. Ses lèvres étaient pleines et arboraient aussi un sourire sous son nez aux larges narines, le tout au-dessus d’un long cou qui rappelait celui de ces femmes africaines qui rallongent le leur en accumulant des colliers.

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Pendant l’éclipse, lectures div/gestives

Je redécouvre ma bibliothèque en ce moment alors que de petits soucis de santé m’éloignent de mon ordinateur. Mes parutions d’articles sur mon blog se raréfient donc mais j’espère que je pourrais bientôt être plus active. En attendant, voici une petite liste de livres qui pourrait vous intéresser. Parfois, avec quelques petites citations.

Kurt Vonnegut

Pris dans Nuit Noire ou Nuit Mère de Kurt Vonnegut (1976) traduit par Michel Pétris de Mother Night (1961) :
« Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de cet échec. »
P. 57 :
« – Dès le début de la guerre, vous ferez le choix d’être un homme mort. Et même si vous ne vous faites pas prendre, si vous demeurez en vie jusqu’à la fin, vous serez un homme déshonoré, un homme à qui il restera sans doute bien peu de raisons de vivre. »
Un peu plus loin :
« Il ne mentionna pas la raison principale qui devait me décider à accepter son offre : à savoir que j’étais un cabot dans l’âme. Dans le rôle d’espion auquel il me prédestinait, j’aurais l’occasion de donner la mesure de mes talents d’acteur. Ma brillante interprétation du fanatique nazi tromperait tout le monde. »

Kurt Vonnegut (1922-2007), écrivain américain né de parents d’origine allemande, a vécu, enfermé dans une cave d’abattoir, le bombardement par les alliés de la ville de Dresde entre le 13 et le 15 février 1945 et en a été traumatisé. Plusieurs de ses romans sont liés à cette expérience et en particulier le célèbre Slauterhouse Five (Abattoir 5).

Voici une émission de France Culture à propos de Abattoir 5 de Kurt Vonnegut, cinquantième anniversaire.

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Une mini-nouvelle : la rébellion du petit carnet

Une proposition d’écriture de Régine Detambel s’intitule « les usages du carnet ». Elle m’a inspiré le petit conte loufoque, légèrement dystopique mais un peu innocent qui suit.

Copie d’une des dernières pages d’un des carnets préparatoires de Sur la route par Jack Kerouac, intitulé « Notes nocturnes et diagrammes pour Sur la route » (novembre 1949). Exposition « Sur la route de Jack Kerouac : L’épopée, de l’écrit à l’écran » (16 mai – 19 août 2012) au Musée des lettres et manuscrits de Paris. Déposé par Prosopee (Wikimedia Commons)

La Rébellion du Petit Carnet

Le petit carnet recevait ses pensées fugaces et lui donnait le temps, pendant qu’elle les notait, de réfléchir à leurs causes et leurs implications. Parfois, il lui offrait une illumination, un élément de réponse à un mystère qui se cachait quelque part dans sa mémoire. Ce carnet représentait un certain confort : elle y écrivait lorsqu’elle n’avait pas envie d’être assise en face d’un ordinateur, mais plutôt dans un coin de son sofa ou à une table d’un salon de thé. Immanquablement pourtant, elle recopiait plus tard ces notes dans un document sur son ordinateur.

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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