Céline Roos

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Entends-tu mes mots?

Je m’inspire d’une phrase tirée du livre de Thomas Pynchon, Vineland (1990), traduit de l’américain par Michel Doury :

Prairie s’engagea là-dedans comme une petite fille dans un château hanté, conduite de pièce en pièce, de feuillet en feuillet, par la blancheur périphérique, le murmure pressant, du fantôme de sa mère. Elle n’ignorait pas à quel point l’ordinateur peut être littéral – même les espaces entre les signes comptent -, elle se demandait si les fantômes le sont de la même façon.

Vineland par Thomas Pynchon, traduit par Michel Doury
Entends-tu mes mots?
Céline Roos montre le livre traduite en français, Vineland de Thomas Pynchon, traduit par Michel Doury.

Histoires de mots en cinquante-cinq mots et moins

Les mots qui fâchent

D’après Stephen King, il ne faut pas avoir peur d’écrire les mots qui fâchent, de se faire des inimitiés dans la société. Moi, j’avoue que j’en ai peur. Mais parfois mes mots fâchent et je ne sais pas vraiment pourquoi. A posteriori, je fais des suppositions mais ne suis jamais sure d’avoir trouvé la raison.

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Le Café des Joueurs d’Échecs

Une pendule au mur scande doucement le temps au-dessus des petits pas précipités des blattes ou de souris. Les fenêtres sont aveuglées par de lourds rideaux de fer. La machine à café éteinte a été nettoyée mais l’odeur du café subsiste, parmi celles de la poussière et de la promiscuité. C’est au matin seulement que Maia ou Bruno viendront passer une serpillère, aérer et tenter de rendre l’endroit assez propre pour accueillir la clientèle. Les derniers clients partis, la serveuse a rapidement fait la vaisselle, nettoyé les tables, fermé sa caisse avant de baisser les rideaux avec l’aide d’un habitué, puis a fermé la place avant de marcher vers son meublé, rue du Prince Arthur.

The Game of Chess par Lucas van Leyden (Domaine Public)

Dans la matinée, la porte de la grande salle s’ouvre et une jeune femme, la trentaine, apparaît. Son pas est énergique mais l’on y sent le poids des responsabilités et son propre poids aussi car elle est un peu massive. Elle traverse la pièce, pose son sac et sa petite veste, retraverse la pièce pour remonter les rideaux de métal et la lumière envahit l’espace laissant apparaître des rayons de particules de poussière flottant en diagonale. Maia ne s’occupe pas encore du ménage mais aère en ouvrant toutes les fenêtres et les portes avant et arrière. Elle commence par s’occuper de la caisse, compte l’avoir et retire de l’argent, prenant soin d’en replacer suffisamment pour que le prochain employé au comptoir puisse fonctionner, s’affaire avec un cahier de comptes, vérifie le stock de boissons, prend note de ce qu’il va falloir commander ou acheter. Lorsqu’elle a terminé cette partie de son travail, elle range un ensemble de papiers et l’argent dans son cabas et remplit un seau d’eau chaude, puis remonte toutes les chaises sur les tables. Elle nettoie ensuite le sol après avoir balayé la salle. Maia s’assure que tout est parfait pour l’arrivée des clients dans l’après-midi, qu’elle a bien pris ses comptes et la liste de commandes. Elle range les accessoires de nettoyage, referme les fenêtres puis sort après avoir fermé les deux portes et laissé un local accueillant pour la prochaine après-midi de jeu et de rafraîchissements au café des joueurs d’échecs. Les clients qui l’aperçoivent à l’occasion derrière le comptoir la connaissent peu, ils la trouvent assez peu communicative, ils se posent parfois des questions à propos de son lien avec le patron mais ne lui parlent pas trop non plus. Elle n’est pas une joueuse d’échecs et ne peut pas comprendre ce qui se passe là.

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Nouvelle vidéo : troisième épisode

Et oui, je suis dans une période de procrastination et je n’arrive pas à écrire cette nouvelle à tiroirs, qui s’écrit pourtant petit à petit, au fur et à mesure de ces notes et vidéos.

J’ai donc finalement décidé de mettre en ligne une vidéo créée il y a quelques jours, qui donnera un certain éclairage à la nouvelle finale.

Voici donc une nouvelle en vidéo : Last Call ! « Last Call » en anglais, c’est la dernière chance de pouvoir faire quelque chose. À l’heure de la fermeture d’un bar, c’est la dernière boisson que vous allez pouvoir commander avant la fermeture.

Au café des joueurs d’échecs, à la fermeture…

Petit rappel des premiers pas dans cette aventure de nouvelle à tiroirs, genre hybride

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Rêver et écrire

Je n’ai pas beaucoup écrit les derniers jours, handicapée par une douleur à l’épaule qu’il va me falloir surmonter car je crois avoir compris qu’elle pourrait bien subsister pendant quelques mois. Les radios que je vais faire aujourd’hui vont m’en apprendre plus.

En attendant de pouvoir publier cette nouvelle à laquelle je pensais, je vais placer ici une copie d’un texte intitulé Rêveries sur la Place Arnold qui a été publié en novembre 2018 dans Le Quinze, le journal des quartiers centre-est de Strasbourg.

J’en avais écrit sa première mouture lors de l’atelier d’été 2018 du Tiers Livre de François Bon : Construire une ville avec des mots.

Mais voici mes Rêveries sur la Place Arnold :

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Nouvelle à tiroirs et vidéos : deuxième épisode

Voici une nouvelle improvisation vidéo semi-guidée grâce à quelques notes. Très imparfaite, mais un joueur d’échecs respecte en général la règle « pièce touchée – pièce jouée » et ne reprend pas ses coups. Mais celle qui parle ici est-elle une joueuse d’échecs ou une narratrice ? Si elle est une narratrice, reste-t-elle une personne ? N’est-elle pas une création ? Comment pourrait-elle alors encore obéir ? C’est l’auteur qui nous induit en erreur : volontairement ou bien lui-même perdu dans les arcanes du récit.

Cette fois-ci la vidéo a été chargée sur Youtube :

Petit rappel des premiers pas dans cette aventure de nouvelle à tiroirs, genre hybride:

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L’adresse au public

Selon le Guide des Idées Littéraires par Henri Benac (Hachette, 1988), « tout écrivain s’adresse à son frère lecteur. » (article Public, p. 407)

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Les Essais de Montaigne (1580-1588)- Adresse au lecteur

Hier soir, je relisais des passages de Montaigne, si émouvant par son analyse constante de sa démarche d’écriture, de ce qui le pousse à écrire, de ses qualités et défauts. Que dit-il de sa relation au public ?

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Que fait l’écrivain public ?

Hier, c’était mon après-midi d’écrivain public. La différence pour moi, c’est alors de ne pas m’écouter, de ne pas écouter les voix en moi, mais celles de la personne qui vient me demander d’écrire.

La première heure, à 13h, j’aurais dû faire de la lecture à une dame qui a besoin que l’on lise son courrier. Mais elle n’est pas venue. Il est vrai qu’il arrive souvent que des personnes qui avaient pris un rendez-vous ne se présentent pas, mais cela ne me dérange pas vraiment, puisque cela me donne du temps pour continuer mes propres écrits.

Écrire, image placée par Yugiz dans Wikipedia Commons

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Être écrivain public bénévole

Une des facettes de mon activité d’écriture est l’écriture pratique, l’écriture publique. Je veux parler de mon activité d’écrivain public bénévole. Je viens de passer une demi-journée à pratiquer cette activité. Cela se déroule dans une association à but non lucratif qui, d’une part aide des jeunes de milieux défavorisés à voyager et rencontrer d’autres cultures et à s’investir dans leurs projets, et d’autre part aide des personnes de tout âge, de milieu défavorisé toujours, à se réinsérer au niveau de l’emploi, en leur donnant des formations utiles à la recherche d’emploi mais aussi en fournissant un service d’écrivain public.

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Stefan Zweig et les Vivants de la Rue

Cette année une compilation de textes inédits en France de Stefan Zweig a été publiée. Il s’agit de Seuls les Vivants Créent le Monde. Ces textes sont des articles, manifestes et reportages de la période de 1914 à 1918 et ils ont été traduits par David Sanson et compilés par Bertrand Dermoncourt ; ils sont précédés d’une introduction par ce dernier. Je ne les ai pas lus encore, de Stefan Zweig je n’ai lu que quelques excellentes biographies et la Schachnovelle, chère à mon cœur de joueuse d’échecs. C’est le titre de l’ouvrage qui m’a arrêtée, car j’ai pensé à un petit texte que j’ai proposé un jour à une revue mais qui n’avait pas été accepté, sans que j’en sois fortement surprise. Le voici :

Les Vivants de la Rue par Céline Roos

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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