Céline Roos

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Déjouer la page blanche avec une nouvelle

Était-ce un réel blocage ou simplement une quantité d’autres activités qui m’occupaient (ne seraient-ce que Roland-Garros et les championnes de football), le fait est que je n’ai pas publié ici depuis quelques jours. Pour me relancer, j’ai eu l’impulsion d’utiliser le sujet d’un concours littéraire auquel je n’ai pas participé et dont le thème était « à la page cent ». J’ai eu l’idée, bête, je sais, d’aller chercher les pages cent de mes deux derniers cahiers d’écriture, d’en relever le vocabulaire et de le réutiliser pour composer un tout autre texte, une mini-nouvelle, que je présente ici. Un peu scolaire, j’en conviens.



L’Écolier par François Bonvin (1817 – 1887)
(Wikimedia commons)

Présentation scolaire

La présentation de mon romancier, auteur de la fiction La Carotte a fait un flop. Lorsque j’ai fini, je ne pouvais penser qu’à la fuite. Mais ce n’était pas possible car j’allais devoir répondre aux questions du public.

Dès que j’ai annoncé le titre, les pouffements et les petites remarques ont commencé. Ils n’avaient rien écouté de ce que je racontais. La prof m’a posé la première question ; elle m’a demandé si j’avais tenté de contacter l’auteur. Pendant que j’essayais de lui répondre, j’ai encore entendu des rires. Ils ne se cachaient même pas ! Il faut dire que cela leur aurait été difficile puisque je leur faisais face. L’image du film L’Exorciste m’est venue à l’esprit. Je me suis imaginé fulminer, excédé par les quolibets de mes « camarades » supposés et me laisser envahir par une fureur qui les anéantirait tous.

J’ai réussi à raconter que j’avais rencontré le romancier lorsqu’il était venu présenter son livre à la Maison de la Culture. L’échange avec la prof a été plus animé que lorsque j’étais seul à parler, puisque certains commençaient à écouter un peu. Il faut dire, aussi, que la prof avait annoncé des bonus sur leurs propres exposés pour ceux qui poseraient des questions intelligentes. Bon, ce n’était pas exactement ce qu’elle avait dit, mais c’était l’idée. Donc si les élèves commençaient à écouter, c’est qu’ils se préparaient sûrement à lever le doigt.

– Je trouve le titre de ce roman vraiment surprenant. Est-ce que tu pourrais expliquer pourquoi le romancier l’a choisi ?

C’était mon pote Jimmy qui avait posé la question. Moi, je la trouvais intelligente. Il me donnait l’occasion de réexpliquer le sujet du livre. La prof a accepté que je projette au tableau l’extrait d’une émission qui montrait une carotte d’extraction de couches de sédiments géologiques. Le héros de l’histoire était un membre d’une équipe qui faisait des explorations dans les fonds du Grand Nord.

Plusieurs doigts se sont alors levés et Élodie a demandé :

– Alors, c’est un roman scientifique ? Il n’y a pas de romance ou d’action ?

Je lui ai répondu que, si, il y avait de l’action quand le scientifique se rendait compte que certaines expéditions étaient sabotées parce qu’il y avait divers groupes en conflit pour des grosses histoires d’argent. Et puis, il y avait aussi une histoire d’amour qui finissait bien.

La prof m’a encore demandé ce qui avait été le déclencheur de mon intérêt pour ce sujet et je lui ai dit que quand j’étais enfant, j’avais fait une croisière et que, depuis ce temps, je rêvais de faire une traversée vers le Grand Nord. Je voulais voir ces paysages fabuleux.

Et puis la classe s’est un peu enflammée et les répliques ont fusé à droite et à gauche : ma tête pivotait comme celle d’un spectateur de match de tennis. Finalement, mon exposé a été un succès, malgré le fiasco du début et j’en ai gardé un excellent souvenir. J’ai eu une super-bonne note et j’ai même acheté La Carotte en guise de remerciements à l’auteur.

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  1. un peu déstabilisée au début : je croyais que c’était l’auteur de la carotte qui parlait et non un élève faisant un exposé sur lui. Mais ensuite c’est agréable et frais. Tu pourrais peut-être ajouter d’autres questions d’élèves naïves ou retorses pour faire un peu durer le suspens.

    • Céline Roos

      J’ai raccourci le texte plutôt (pour la limite de 3000 signes). Je n’étais pas très ambitieuse pour ce texte, simplement l’idée de redémarrer mon écriture. Merci pour tes remarques, Danièle!

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