Lorsque je ne me sens pas capable d’écrire, je fais des exercices. Voici donc quelques gammes inspirées par une suggestion de François Bon: OUTILS DU ROMAN #8 | DANS LE DÉCOR, 1.

La consigne : que chacun de ces 8 paragraphes (2 fois 4) nous donne le maximum à voir, sentir et entendre d’un lieu extrêmement précis, intérieur d’une pièce, extérieur grand comme là où on a les pieds.

François Bon
Support de cours d’anglais de 6ème:
prépositions de lieux

Extérieur 1.

Certes, le hall est à l’intérieur d’une maison, mais sa température est celle de l’extérieur car l’une de ses extrémités donne sur une cour intérieure, et si porte il y a, elle est rarement fermée.

Pour y entrer, il faut pousser un battant d’une lourde porte cochère de bois. L’immeuble date de 1901. Ce hall possède encore d’autres issues. Une petite porte sur la droite qui ouvrait peut-être autrefois vers la loge et l’appartement du concierge. Et en face d’elle, un grand escalier menant vers le premier étage et le premier appartement bourgeois. Deux pas plus loin, dans un renfoncement, quelques pas nous mènent vers l’ascenseur, plus jeune d’un siècle que la maison. Et puis, de façon évidente, le mur gauche expose un très grand panneau de boîtes aux lettres « normalisées ».

La hauteur de la voûte est impressionnante. On imagine le bruit que devaient faire les sabots des chevaux qui allaient rentrer à l’écurie dans le fond de la cour, transformé aujourd’hui en un petit bâtiment à deux appartements et quelques garages.

Extérieur 2: Toit de l’immeuble.

À Strasbourg, les toits des maisons anciennes sont traditionnellement pointus mais ce n’est pas le cas de ceux de la plupart des blocs. Sur l’avenue de la Forêt-Noire, quelques blocs datant probablement de la décennie 70 sont parsemés entre des immeubles datant de la période où Strasbourg était allemande. De petites cabines ainsi que de cheminées dans lesquelles des éléments tourbillonnants attrapent et renvoient des rais de lumière éblouissants surmontent les toits plats des numéros 32 à 38. De cet endroit, la vue est généreuse : au sud-est ce sont les futaies des arbres du jardin botanique qui apparaissent, au sud, la cathédrale, aux nord et nord-ouest, les immeubles de la Neustadt. Et bien sûr, le vent et les nuages viennent animer cet endroit qui serait bien trop calme sans les visites impromptues mais prévisibles de pigeons et passereaux.

Extérieur 3 : la place Arnold

Les places ont l’avantage d’être accessibles à partir de diverses voies. Pour atteindre la place Arnold, l’on peut venir de l’avenue de la Forêt-Noire, de la rue de Reims, de la rue Verdun ou de la rue Saint Maurice. Déjà grande autrefois, elle a été encore rendue plus spacieuse par les travaux des dernières années, où le parking a été éliminé et les jonctions entre les rues de Reims et de Verdun avec l’avenue ont été transformées en voies piétonnières. La place-parvis originelle de l’église a ainsi été élargie d’une vaste surface où se côtoient à présent la cabane du fleuriste, des arbres, des buissons et des fleurs, un terrain de jeu pour les petits et un espace : une fois par semaine la camionnette de la bibliothèque municipale s’y gare et tous les quelques mois, une fête de quartier y est organisée. Autour du terrain de jeu, quelques bancs accueillent jeunes et vieux. Le seul malheur des promeneurs provient du fait que les cyclistes, nombreux, les oublient et traversent trop rapidement, les mettant en danger.

Extérieur 4 : le parvis Schoch

Le parvis semble avoir été dessiné pour servir d’écrin au Lycée Cassin. Les arbres et les terre-pleins de plantes sont harmonieusement placés, le sol recouvert de petits pavés qui évoquent une mosaïque. La rue Schoch qui la contourne joint la rue de l’Observatoire et le boulevard Leblois en un arrondi alors que droit devant la porte principale file une rue vers l’avenue de la Forêt-Noire. Les hautes façades du lycée et des immeubles des coins de rue en face ont l’inconvénient d’atténuer la luminosité de cet endroit qui, par contre, est un havre de fraicheur pendant les canicules.

Intérieur 1 : mon salon

Trois des murs de la pièce comportent une ouverture : une porte vers la pièce qui me sert de bureau et de chambre à coucher, une porte-fenêtre donnant sur un balcon qui surplombe du troisième étage l’avenue et une porte vers le couloir de l’appartement. Cette promesse d’espace est accentuée par la hauteur du plafond : 3,20 m. Si le sofa et un des fauteuils sont de la même famille, les autres meubles ne sont pas apparentés. Clairement, l’occupant des lieux ne se soucie guère de « home design ». D’autres ouvertures sur le monde en la matière de deux ordinateurs et d’une télévision sont à disposition ainsi que des étagères de livres, vidéos et dVDS. Sur les murs, des posters d’art, des photos de famille et quelques collages, pour les uns, artistiques, pour les autres, hétéroclites. Flagrant aussi : la propreté ne fait pas partie des exigences de la locataire. Les gamelles, jouets et peluches pour chat et chien se trouvent épars en divers coins et surfaces de la pièce ainsi que leurs poils. À terre, à portée d’une personne assise à l’extrémité du sofa, se trouvent de grands sachets en papier contenant des boites de médicaments, de seringues d’injections prescrites et sur la table basse, un épais dossier médical.

Intérieur 2. Le café place Brandt.

La cafétéria ou le café de la place Brandt a bien changé durant les dernières années mais surtout en ce qui concerne les décorations et son esprit parce que, pour ce qui est de son architecture et de son agencement intérieur, il me semble qu’il n’a pas bougé. Immense, il contient une quarantaine de tables et sa superficie est encore accrue par une terrasse d’une trentaine de tables. Les grandes baies vitrées et les quatre ou cinq mètres de hauteur de plafond lui donnent un aspect aéré et lumineux. Le milieu est bourgeois et aisé, mais la clientèle a vieilli et ce sont plus souvent des commerçants à la retraite et des professeurs qui occupent le terrain que les étudiants que l’on pouvait voir ici au XXème siècle.

Intérieur 3. hôtel à Montpellier

Le hall d’accueil de l’hôtel Del’lits était tout à fait impersonnel. Il devait être le quasi-sosie de ses frères de la même chaîne. Des murs blanc-cassé coupés par une bande verdâtre et certains motifs marron clair. Des tabourets hauts face à une étagère pour que les clients puissent remplir des formulaires. Sur le comptoir, quelques présentoirs de pamphlets divers, brochures touristiques, conseils pour la protection de l’environnement. Trois fauteuils collés l’un à l’autre. Derrière l’employé, un panneau avec les cartes-clefs des chambres libres ou momentanément abandonnées par leurs occupants. Un couloir menant à l’ascenseur et aux chambres et une double porte, fermée pour l’instant, certainement dévolue au service des petits-déjeuners.

Intérieur 4. Salle de classe du lycée Cassin.

Cette salle en particulier donne directement sur le parvis qui se repeuple à chaque sortie de cours, avant les cours et sur l’heure du midi. On y a aussi une vue intéressante sur les balcons et les fenêtres des maisons voisines.

La salle est haute, munie de trois grandes fenêtres doubles dont l’une ferme difficilement, d’un tableau pour projeter cours, diagrammes et vidéos en plus du classique tableau noir (plutôt vert), d’une malheureuse estrade et, bien sûr, d’une trentaine de tables et chaises pour les élèves. Nulle décoration sur les murs, pas d’horloge non plus. Qui en a besoin aujourd’hui, à l’heure des smartphones ? En plus de la porte d’entrée, une autre porte communique avec la salle voisine.

Intérieur 5. Le salon chez Roland Meyer était très classique et représentait bien son propriétaire âgé de huit décennies, se dit la jeune visiteuse. Il s’y trouvait de confortables fauteuils de cuir, un grand vaisselier, des carafes et un luminaire mais quelques articles de style colonial témoignaient aussi de la vie nord-africaine de l’oncle : des objets en rotin, une tapisserie kabyle, une natte ouvragée suspendue en ornement mural. Sur une table basse, des friandises méditerranéennes accompagnaient le thé et le café servis par l’hôtesse de la maison. Les fenêtres rectangulaires étaient voilées par des rideaux au délicat motif dentelé et encadrées par de plus lourds rideaux d’un vert sombre.

Contexte: