Voilà, je commence aujourd’hui mon blog. Qu’est-ce que je vais en faire ? Je vais essayer de le nourrir de mes lectures et de mes recherches à propos de mon écriture.

J’ai toujours écrit, ne serait-ce que les codes et les jeux que j’inventais enfant. Plus tard, j’ai eu une correspondance assez riche avec plusieurs personnes, amis ou parents. Mais l’usage de la correspondance par lettres s’est un peu perdu au fur et à mesure que nous avons utilisé les moyens informatiques et ensuite les messageries sur internet. Et puis, je suis devenue adulte. Tard, heureusement. À partir de ce moment, il a fallu écrire sérieusement, académiquement et professionnellement. Lorsque j’ai repris des études, j’ai dû me plier à l’énervante façon de disserter à la française. Ensuite, pour le travail, cela a été les écrits professionnels, les compositions de séquences pédagogiques en prenant soin d’utiliser les termes appropriés en vogue au moment où j’écrivais.

Tard, heureusement. À partir de ce moment, il a fallu écrire sérieusement, académiquement et professionnellement. Lorsque j’ai repris des études, j’ai dû me plier à l’énervante façon de disserter à la française. Ensuite, pour le travail, cela a été les écrits professionnels, les compositions de séquences pédagogiques en prenant soin d’utiliser les termes appropriés en vogue au moment où j’écrivais.

J’ai toujours lu aussi, moins pendant les périodes les plus intenses de travail, c’est-à-dire les quinze dernières années où j’ai enseigné l’anglais dans les collèges et les lycées. Lorsque j’étais jeune, je lisais avec une passion différente de celle qui m’anime maintenant lorsque je lis. Autrefois, je dévorais les livres. Lorsque le livre d’un auteur me plaisait, je tentais de tout lire de lui, mais il était parfois difficile de le faire, surtout si l’auteur était étranger. Cette bibliothèque de mon souvenir a engrangé les œuvres de Marguerite Yourcenar, Philip K. Dick, Ursula Le Guin, Montaigne, Richard Ford, Jorge Luis Borges, Isaac Bashevis Singer. Ces jours-ci, je lis alternativement Antoine Volodine (et les autres pseudonymes de sa confrérie postexotique), Margaret Atwood, le journal de Franz Kafka. J’essaye de renouveler ma connaissance de la science-fiction et ai découvert, il y a peu, China Miéville. Je me suis aussi remise à lire des nouvelles dans d’anciennes anthologies que je possédais et une assez récente de nouvelles américaines, compilée par Richard Ford. Je lis aussi des livres à propos de l’écriture (ce ne sont pas des livres de critique littéraire mais par exemple l’Art de la Fiction de John Gardner, ou L’Atelier d’Écriture de Gabriel Garcia Marquez).

Donc, quand j’étais jeune, je dévorais. Eh bien, mes habitudes de lecture ont changé puisque maintenant il suffit parfois d’un paragraphe, d’une phrase ou d’une expression pour m’arrêter, me faire rêver ou m’interroger. Aussi, autrefois, je trouvais ce que je lisais tellement beau que je me disais que c’était ce que j’aurais voulu avoir écrit et cela m’empêchait de poser mes mots. Mais cela suffit. Si je n’écris pas dans cette phase de ma vie, je ne voudrais pas regretter, le jour de ma mort, de ne pas l’avoir fait. Je me lance donc !