Je ne me suis pas encore adaptée au rythme post-travail, c’est-à-dire au rythme de la retraite. Je continue à être débordée de mille choses à faire. Si je suis tellement active, la raison en est peut-être que je tente de régler des problèmes dont j’aurais dû m’occuper avant. J’ai ainsi entamé des travaux de réfection d’un appartement et du point de vue administratif, je n’ai probablement pas envoyé aux caisses de retraite tous les papiers qu’ils désiraient puisqu’ils ne me paient pas encore toutes les pensions complémentaires. Mais, je ne me fais pas de souci, c’est un problème temporaire.

Pour quelqu’un qui s’ennuierait, il y a toujours les bureaux des impôts, qui ont l’art de vous occuper en vous créant des difficultés par des erreurs qu’ils commettent, qu’ils corrigent lorsque vous le leur demandez gentiment, mais non sans que vous ayez correspondu avec eux, puis que vous soyez allés les voir, et qu’ils vous aient alors dit que vous pouvez leur écrire pour qu’ils corrigent l’erreur qu’ils reproduiront d’ailleurs l’année prochaine. Une routine qui disparaîtra peut-être avec la fermeture progressive annoncée d’un grand nombre de ces bureaux des impôts.

Alors, pour l’instant, mes lectures sont des bribes de lecture. Hier soir, j’ai savouré un passage du premier cahier du Journal de Kafka dans sa nouvelle traduction par Laurent Margantin. J’ai lu en particulier un charmant et parfois désopilant passage sur les acteurs et sur les mimiques de certaines de ses connaissances professionnelles. Visiblement, pendant sa journée de travail, il exerçait son œil pour, le soir, brosser des descriptions physiques et psychologiques. Les plus grands se sont exercés. Ce qui, en passant, n’implique pas forcément que l’exercice assure la réussite.