Je ne voudrais pas tromper mon monde. Ce blog que je commence, ce n’est pas moi qui en suis l’architecte. J’ai écrit les quelques textes qui précèdent, et dit « oui, ceci me plait » ou « je préfèrerais cela », mais la personne qui le construit s’appelle Nicolas. Je dirai son nom en entier si cela ne le dérange pas. Je vais bientôt prendre la main, alors, si certains me lisent, il ne faut pas hésiter à me faire des suggestions !

En attendant, voici quelques notes que j’ai prises il y a quelques temps, en réfléchissant après avoir lu la nouvelle Everything That Rises Must Converge (1965) de Flannery O’Connor dont voici des phrases intéressantes qui lui ont permis de dresser un portrait « grotesque » ou comique :

« […] She entered with a little smile, as if she were going into a drawing room where everyone had been waiting for her.

[…] His mother immediately began a general conversation meant to attract anyone who felt like talking.

[…] She sat forward and looked up and down the bus. It was half filled. Everybody was white. “I see we have the bus to ourselves,” she said. Julian cringed.

[…] The old lady was clever enough and he thought that if she had started from any of the right premises, more might have been expected of her. She lived according to the laws of her own fantasy world outside of which he had never seen her set foot. The law of it was to sacrifice herself for him after she had first created the necessity to do so by making a mess of things.”

Je traduis grossièrement et librement, pour faire la liste de ces « procédés », de ces éléments de description, plutôt, qui rendent le récit comique en nous faisant percevoir le regard ironique du narrateur pour sa mère:

– la mère du narrateur arbore un sourire tel que l’on pourrait penser qu’une assemblée de personnes est présente dans l’attente de l’accueillir cérémonieusement,

– la mère du narrateur commence à parler d’une voix assez forte pour inviter qui que ce soit qui s’en sentirait l’envie à entrer dans la conversation,

– la mère du narrateur, dans l’autobus, fait une remarque peu convenable qui dénote son racisme latent, au grand déplaisir de son fils,

– la mère du narrateur n’a pas été employée à la hauteur de ses capacités intellectuelles selon son fils et elle a développé en conséquence un monde imaginaire dont elle n’est jamais sortie. Selon les lois de ce monde, son rôle était de se sacrifier pour lui après lui avoir d’abord pourri la vie.