Céline Roos

Lire Écrire Rêver

Quelques textes très courts : Méli-Mélo

Ma veine fictionnelle est toujours coincée, prise que je suis dans un circuit de visites médicales et de divers bobos, interventions et traitements. D’une certaine façon, je me considère chanceuse : je vis dans un pays et une région où je peux bénéficier de soins, la clinique et les cabinets médicaux sont à moins d’un km de ma résidence, ma famille proche est présente et je suis avertie du danger ce qui me donne la possibilité de me préparer à toute éventualité !
Je ne voudrais néanmoins pas laisser se tarir mon blog et je vais donc publier un petit patchwork de mini-textes (en fait, j’ai une nouvelle en préparation mais elle ne me satisfait pas du tout pour l’instant).

Quelques textes très courts à propos d’hôpitaux et de confinement

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Une mini-nouvelle : Hannah en CDD

Je mène en ce moment une vie assez intense qui me bloque un peu du point de vue fictionnel. Pourtant, j’ai quand même pensé à aller prendre des nouvelles de Hannah, un de mes anciens personnages, pour voir comment elle se débrouillait.

Rappel des épisodes précédents

Voici le premier épisode de ses aventures : Hannah et après

Et le deuxième : Salon avec poupée et Hannah

Le troisième : Hannah et Chloé vont au cirque

Le quatrième : Hannah reprend un job étudiant

Hannah en CDD

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Une biographie : Ange qui sut se faire accepter

Ce texte sera forcément très maladroit car je n’ai pas l’habitude d’écrire des biographies mais je veux écrire à propos d’Ange dont la vie a semblé tellement atypique à un grand nombre de personnes alors que je suis persuadée qu’il est loin d’avoir été la seule personne à vivre de telles difficultés. C’est aussi une biographie très partielle. Désolée, de plus, pour mon manque de maîtrise des temps du passé: ma langue est contaminée par l’anglais que j’ai pratiqué longtemps les dernières années.

Ange Cortes était né en 1947 et il est décédé en 2004.

Ange Cortes (1947 – 2004)

Mais avant tout, une petite précaution de mon usage :

— Ange, Graçon, mec, tu permets que j’écrive à propos de toi ?

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Une mini-nouvelle : l’extraterrestre

J’avoue : je suis coupable d’abandon de blog pendant trois semaines. Deux semaines d’hospitalisation, une semaine pour reprendre souffle et remettre un peu mes affaires en ordre. J’ai consacré ce blog à la fiction, qu’elle soit mienne ou non, mais lorsque la vie devient intense, il m’est bien plus difficile de penser à la fiction. Aujourd’hui, pourtant, une première idée m’est venue, bien naïve, mais une première idée de mon invention et je vais donc la poster.

Mes inspirations du jour : le petit dessin que je place ici même, et une suggestion d’écriture de François Bon : Dialogue à un seul qui parle.

Je l’ai écrit vite et n’ai probablement pas été réellement en phase avec la suggestion faite, mais je suis bien contente d’avoir de nouveau un peu d’imagination.

L’extraterrestre (Céline Roos)

L’extraterrestre

Elle ressemblait à une extra-terrestre, peut-être l’était-elle. Je l’ai regardée en souriant dans doute, peut-être même en riant puisqu’elle m’a demandé pourquoi j’avais l’air si amusée. Ses grands yeux ne semblaient pas respecter la perspective : le plus éloigné me paraissait plus grand que le plus proche. Était-ce en superposition de ce que j’aurais vraiment dû voir ? Son crâne glabre montrait de petites protubérances effilées et ses oreilles, celle que je voyais, du moins, se terminaient en pointe. Ses lèvres étaient pleines et arboraient aussi un sourire sous son nez aux larges narines, le tout au-dessus d’un long cou qui rappelait celui de ces femmes africaines qui rallongent le leur en accumulant des colliers.

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Pendant l’éclipse, lectures div/gestives

Je redécouvre ma bibliothèque en ce moment alors que de petits soucis de santé m’éloignent de mon ordinateur. Mes parutions d’articles sur mon blog se raréfient donc mais j’espère que je pourrais bientôt être plus active. En attendant, voici une petite liste de livres qui pourrait vous intéresser. Parfois, avec quelques petites citations.

Kurt Vonnegut

Pris dans Nuit Noire ou Nuit Mère de Kurt Vonnegut (1976) traduit par Michel Pétris de Mother Night (1961) :
« Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver la raison de cet échec. »
P. 57 :
« – Dès le début de la guerre, vous ferez le choix d’être un homme mort. Et même si vous ne vous faites pas prendre, si vous demeurez en vie jusqu’à la fin, vous serez un homme déshonoré, un homme à qui il restera sans doute bien peu de raisons de vivre. »
Un peu plus loin :
« Il ne mentionna pas la raison principale qui devait me décider à accepter son offre : à savoir que j’étais un cabot dans l’âme. Dans le rôle d’espion auquel il me prédestinait, j’aurais l’occasion de donner la mesure de mes talents d’acteur. Ma brillante interprétation du fanatique nazi tromperait tout le monde. »

Kurt Vonnegut (1922-2007), écrivain américain né de parents d’origine allemande, a vécu, enfermé dans une cave d’abattoir, le bombardement par les alliés de la ville de Dresde entre le 13 et le 15 février 1945 et en a été traumatisé. Plusieurs de ses romans sont liés à cette expérience et en particulier le célèbre Slauterhouse Five (Abattoir 5).

Voici une émission de France Culture à propos de Abattoir 5 de Kurt Vonnegut, cinquantième anniversaire.

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Une mini-nouvelle : la rébellion du petit carnet

Une proposition d’écriture de Régine Detambel s’intitule « les usages du carnet ». Elle m’a inspiré le petit conte loufoque, légèrement dystopique mais un peu innocent qui suit.

Copie d’une des dernières pages d’un des carnets préparatoires de Sur la route par Jack Kerouac, intitulé « Notes nocturnes et diagrammes pour Sur la route » (novembre 1949). Exposition « Sur la route de Jack Kerouac : L’épopée, de l’écrit à l’écran » (16 mai – 19 août 2012) au Musée des lettres et manuscrits de Paris. Déposé par Prosopee (Wikimedia Commons)

La Rébellion du Petit Carnet

Le petit carnet recevait ses pensées fugaces et lui donnait le temps, pendant qu’elle les notait, de réfléchir à leurs causes et leurs implications. Parfois, il lui offrait une illumination, un élément de réponse à un mystère qui se cachait quelque part dans sa mémoire. Ce carnet représentait un certain confort : elle y écrivait lorsqu’elle n’avait pas envie d’être assise en face d’un ordinateur, mais plutôt dans un coin de son sofa ou à une table d’un salon de thé. Immanquablement pourtant, elle recopiait plus tard ces notes dans un document sur son ordinateur.

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Une mini-nouvelle : somnolence dissociative

Une triple inspiration m’a permis d’écrire la nouvelle qui suit, aujourd’hui. D’abord, très modestement, je me suis laissée influencer par l’esprit des nouvelles de Jorge Luis Borges, sans tenter de pasticher sa propension aux références littéraires. Ensuite, j’ai regardé la dernière vidéo « Imaginer c’est voler » de l’atelier de François Bon où il propose de parler de personnes observées et d’en profiter pour faire un retour sur soi-même. Enfin, je fouille aussi parfois le blog de Régine Detambel, et j’ai lu sa proposition d’écriture intitulée « puissance poétique du sommeil ».

Voici donc ma nouvelle :

Somnolence dissociative

Il me faut raconter ce soir cette journée assez particulière d’autant plus que je viens de lire la nouvelle « Guayaquil » de Jorge Luis Borges où il rappelle combien la mémoire d’événements peut rapidement s’altérer. Son récit reflète, de plus, dans une de ses facettes baroques, une impression étrange qui m’est apparu aujourd’hui. Et j’ajouterai ainsi à mon palmarès personnel une deuxième raison d’être fière de moi tandis que le sommeil veut m’envahir, et que je résiste vaillamment résolue à composer la relation de ma rencontre.

Ruprechtsauerallee = Allée de la Robertsau. 1903.
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
Gallica, photographe : Jul Manias

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Petite astuce pour contrer le syndrome de la page blanche

Voici une petite astuce qui m’aide à combattre la déprime qui s’installe lorsque je me sens atteinte du syndrome de la page blanche.

Je l’ai trouvée sur le site Language is a Virus en anglais qui se présente avec l’idée de guérir le blocage de l’écrivain grâce à des suggestions d’écriture dont certaines sont réellement positives. Ainsi, hier, je suis tombée sur la suggestion « Make a list of everything that makes you feel motivated right now. » Je l’ai traduite pour moi-même par la question suivante :

Qu’est-ce qui me donne le sentiment d’avoir de la motivation, maintenant ?

Image par Pexels de Pixabay

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Une mini-nouvelle : Quel lendemain ?

Je suis toujours un peu handicapée du point de vue fictionnel, mais aujourd’hui, j’ai réussi à écrire un texte qui n’est pas lié à la réalité. J’ai suivi une suggestion intitulée « demain sera toujours demain », que je ne trouve pas très heureuse dans sa formulation, mais elle existe. J’y vais donc et voici ma nouvelle.

Quel lendemain ?

Sommes-nous vraiment le lendemain du jour précédent ? Ou bien l’un des divers lendemains possibles ? Si je tentais d’imaginer les autres possibilités ? Pour ceci, il faudrait déjà que je me souvienne de certains éléments de ma vie de la journée précédente. Choisissons-en un au hasard.


Image par Pete Linforth de Pixabay

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Citations de compensation

Quelques soucis de santé plus (mon chat) ou moins (moi) importants m’ont envahi l’esprit cette semaine. N’étant pas capable d’écrire, je vais utiliser des extraits d’autres auteurs pour créer cet article.

La langue crée le personnage

19/11/2019. Je feuillette Reading Shakespeare’s Dramatic Language ; A Guide de la série Arden Shakespeare (2001) et particulièrement l’article « Style, rhetoric and decorum » par Lynne Magnusson.

p. 28, à propos de Shylock :

« […] the cautious sizing up of a man’s words and assets suggested by Shylock’s repeating of what Bassanio says – the langage ‘fits’ or, indeed, creates the speaker. »

+

« […] Here, without questions, schemes of repetition are not primarly ornemental but have a clear dramatic function in bringing out the plurality of the play’s voices. »

Ma traduction :

« […] lorsque Shylock répète ce que dit Bassanio, il semble évaluer les mots de l’homme et ses atouts : la langue convient au locuteur ou, en fait, le crée. »

+

« […] Sans conteste, ici, les schémas de répétition ne sont pas avant tout ornementaux mais ont clairement la fonction dramatique de faire ressortir la pluralité des voix de la pièce. »

Magnusson fait remarquer l’opposition entre les paroles typiques d’un noble de Bassanio et celles plus prosaïques, prudentes et calculatrices de Shylock. Quant aux répétitions de segments de phrases de l’un à l’autre personnage, elles permettent encore une fois de poser le personnage de Shylock. Le style, la couleur de ses phrases et mots ne font pas qu’aller au personnage. Elles le créent aussi, elles le construisent.

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Thème par Anders Norén | Réalisation Nicolas Bourbon

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