Une participante active du forum Atramenta a posé la question suivante: « Avez-vous un souvenir de 1er mai? »

Image par ARLOUK de Pixabay

Voici mes notes prises dans un café, le matin du 1er mai 2019

J’avais oublié hier qu’aujourd’hui serait férié. Il est un peu plus de huit heures et en sortant le chien tout à l’heure j’ai aperçu de loin les lumières du Café Brandt où je suis à présent assise.

Je n’aurai donc pas été à mes séances de sport ces deux semaines. Il faut que je fasse attention à ne pas atteindre l’état de délabrement physique dans lequel était cette féministe américaine qui vient de mourir ou dont a parlé récemment. Elle disait elle-même que l’écriture de son livre avait été un facteur aggravant, allié à sa prise de poids.

Quelques marcheurs, quelques bicyclettes, très peu de voitures, un beau soleil, quelques joggeurs, un petit nombre de voitures, dehors les chants de quelques oiseaux, la rencontre d’une promeneuse de chien.

The man in the moon, une chanteuse de jazz.

Quelques cyclistes en noir, sont-ce des black blocks ? Il paraît que ce 1er mai sera chaud. On verra, de la télé car je serai à la maison.

Deux blondes sont arrivées à dix minutes de distance. Trois ou quatre autres clients sont aussi installés ici. J’avais rapidement eu l’idée, un peu dingue, d’inviter la première à s’asseoir avec moi et que l’on bavarde, puis j’avais réalisé qu’elle était apprêtée pour une rencontre et, effectivement, peu après, un homme barbu est venu, lui a apporté un petit cadeau. Ils sont derrière moi, je n’ai entendu que « c’est trop chou ». La deuxième arrivée a les mêmes boucles blondes soigneusement décontractées. Je pense qu’elle attend aussi un rendez-vous. Les deux derrière moi ne se connaissent pas bien encore : le rire de l’homme est forcé, le débit de la jeune femme trop précipité.

Tout à l’heure, rue Goethe, en marchant avec Chip, nous avons croisé une jeune femme petite qui allait d’un pas vif, ne voyant rien devant elle. J’ai dû m’écarter près de l’arbre.

Could you tell me what to do. All the same, needs a… to explain. I love you so.

Je sais ce que je remarque dans la voix de la jeune femme : elle parle sans respiration, voix exsangue, elle ne respire pas au bon moment (amusant : ma trace manuscrite était « au bout du monde »). Signe d’émotion.

Écrit scandé par la musique de jazz que j’entends en même temps.

Un trio vient d’arriver, un homme, deux femmes. Il ressemble un peu à ce vieil acteur de type américain, Ballantine, si je me souviens bien et elles font un peu « escorts ». Puis un couple, la petite cinquantaine, assez en forme.

Comment écrire en mots la musique que j’entends : alternance des lignes de la chanteuse avec la trompette d’un vieil orchestre de jazz et la la la la, m m m, trompette aigue, mmmmmm, eeeee ! How I… you… aah. Baby.. you sing… baby bee.

Un oiseau blanc traverse le croisement à hauteur de futaie.

That sad explosion when… Who cares whose lips are on mine… So long as you kiss me.