Je suis toujours un peu handicapée du point de vue fictionnel, mais aujourd’hui, j’ai réussi à écrire un texte qui n’est pas lié à la réalité. J’ai suivi une suggestion intitulée « demain sera toujours demain », que je ne trouve pas très heureuse dans sa formulation, mais elle existe. J’y vais donc et voici ma nouvelle.

Quel lendemain ?

Sommes-nous vraiment le lendemain du jour précédent ? Ou bien l’un des divers lendemains possibles ? Si je tentais d’imaginer les autres possibilités ? Pour ceci, il faudrait déjà que je me souvienne de certains éléments de ma vie de la journée précédente. Choisissons-en un au hasard.


Image par Pete Linforth de Pixabay

Voici une journée alternative que je pourrais être en train de vivre ou qu’un moi alternatif vit dans une dimension parallèle. Dans la matinée de hier, mon envie de confort avait été la plus forte et en revenant de mes courses, je m’étais changée pour porter mes vêtements d’intérieur et j’avais appelé le service de dépannage de mon chauffe-eau, si bien qu’un technicien était venu avant midi pour régler mon problème. Supposons qu’au lieu de cela, j’ai immédiatement décidé de ressortir et me sois rendue jusqu’au magasin d’objets électriques pour y acheter les batteries que je croyais nécessaires au bon fonctionnement de mon chauffe-eau. Je me serais ensuite évertuée à les placer et au lieu d’appeler le service de dépannage pour qu’ils réparent mon appareil, j’aurais fulminé et décidé d’attendre jusqu’à lundi. Ainsi, j’aurais vécu ces deux journées de fin de semaine sans eau chaude dans ma salle de bain. Ce matin, j’aurais fait ma toilette en apportant une grande casserole d’eau chaude dans ma salle de bain, en utilisant un gant de toilette que j’aurais mouillé en y versant de l’eau puisée avec un bol dans la grande casserole. Plus tard, j’aurais quand même décidé de me laver les cheveux dans l’évier de la cuisine. Mais cette variante n’apporte rien de fondamental comme changement à ma vie d’aujourd’hui.

Cherchons-en une autre. Voyez-vous, au lieu d’écrire ces quelques lignes, assise sur le sofa dans mon salon, dans une luminosité assez basse puisque le soleil se cache, je suis en train de me disputer avec des contrôleurs du service de transports en commun de ma ville. Je me suis interposée parce qu’ils malmenaient une personne qui, selon eux, avait resquillé dans le bus dont ils venaient de l’extirper. Je leur ai demandé d’agir de façon plus mesurée et cela ne leur a pas plu. Heureusement, une autre vieille dame a également déclaré d’un ton pointu qu’elle aussi était témoin de ce qui se passait et ils se sont calmés. Qu’est-ce que je fais donc à un arrêt de bus ? En fait, je me suis simplement assise là, puisque j’étais un peu fatiguée après une longue marche en guise d’exercice physique et pour me libérer des demandes de mes compagnons quadrupèdes.

Ou encore, hier, dans la matinée, je me suis assoupie quelques minutes pendant lesquelles j’ai rêvé que je me trouvais dans une pièce où était exposé un dragon empaillé de couleur claire. J’ai ouvert les yeux et au lieu de les refermer et me rendormir comme dans mon souvenir, j’ai eu la curiosité d’aller chercher sur internet pour voir s’il était possible d’en acheter. Au moins, je savais à présent à quoi ils ressemblaient. Je ne parle pas de ces animaux qui ressemblent à des lézards préhistoriques. Non, il s’agissait d’une créature semblable à un félin. Comment savais-je qu’il s’agissait d’un dragon ? Je ne serais pas capable de répondre à cette question. Probablement un souvenir enfoui dans mon inconscient m’a donné cette certitude. Une journée de mon passé qui échappe à ma mémoire a dû me renseigner à ce propos. J’ai donc trouvé sur e-Béant un vendeur qui me proposait un dragon empaillé mais il voulait que je vienne le chercher. C’est pourquoi, je suis allée aujourd’hui à ce rendez-vous et me voici debout en face d’une porte qui me paraît minuscule bien qu’elle soit à taille humaine. La raison en est qu’elle se situe à côté du grand escalier qui mène à l’imposant portail du musée zoologique, musée qui est actuellement en réfection et donc fermé au public. Je ne savais pas que les musées zoologiques vendaient leurs spécimens mais il est aussi vrai que je ne m’étais jamais intéressée à la question. Je sonne donc et l’on m’ouvre.

« Demain sera toujours demain » dit-on, mais lequel ?